François Villon (1431 – vers 1463)
Je suis François, dont il me poise,
Né de Paris emprès Pontoise,
Et de la corde d’une toise
Saura mon col que mon cul poise
Je suis François (ou français, c’est un jeu de mots), ce qui me pèse,
Né à Paris, près de Pontoise,
Et grâce à une corde de deux mètres (environ !),
Mon cou saura ce que pèse mon cul !
François Villon est né en 1431, l’année où meurt Jeanne d’Arc ; la Guerre de cent ans se termine vers 1453. Il est important pour Villon de s’affirmer Français dans une ville désertée par les ennemis Bourguignons. Mais ça l’agace quand même un peu, lui, le rebelle. Il se moque donc de Paris, près de Pontoise.
Et comme il est voleur, débauché, jouisseur et peut-être même criminel (mais ce n’est pas avéré…), il envisage ironiquement de finir ses jours au gibet de Montfaucon (aux Buttes Chaumont, Paris Xe). C’est pourquoi il faudra bien une corde pour peser son cul ! Nous sommes dans l’univers de la fameuse « ballade des pendus », un sommet de la poésie française…
Ainsi, il écrit sa carte de visite, celle du tout premier de nos poètes maudits. Un type passionnant qui fit beaucoup d’émules, dont fort peu figurent dans les anthologies : dommage…