Coppée – Innocence

François Coppée (1842 – 1908)
Poèmes divers (1869)


A Léopold Hovoritz

Si chétive, une haleine, une âme,
L’orpheline du porte-clés
Promenait dans la cour infâme
L’innocence en cheveux bouclés.

Elle avait cinq ans ; son épaule
Était blanche sous les haillons ;
Et, libre, elle emplissait la geôle
D’éclats de rire et de rayons.

Qui est cette lumineuse orpheline, cette fleur de prison ?

On ne sait pas.

Elle fait partie des « belles passantes », avec « Marizibill » chez Apollinaire, « Petit Verglas » chez Paul Fort, et l’étrangère de « Après l’amour » chez Aragon, et tant d’autres inconnues…

Toutes rayonnent sur notre chemin !

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