Verlaine – Walcourt

Paul Verlaine (1844-1896)
Romances sans paroles (Paysages Belges) (1874)

Briques et tuiles,
Ô les charmants
Petits asiles
Pour les amants !

Houblons et vignes,
Feuilles et fleurs,
Tentes insignes
Des francs buveurs !

Guinguettes claires,
Bières, clameurs,
Servantes chères
À tous fumeurs !

Gares prochaines,
Gais chemins grands…
Quelles aubaines,
Bons juifs-errants !

Juillet 1872

Le petit train des Côtes-du-Nord, Bréhec, 1956

Walcourt est un village wallon, au sud de Charleroi. Ce poème est le premier d’une série intitulée « Paysages belges » dans le recueil « Romances sans paroles ».

Verlaine et Rimbaud vivent ensemble depuis presque un an. Il leur arrive de se promener, comme ici, sur le chemin de fer…

C’est un poème de quatre strophes de quatre vers, comportant quatre pieds chacun. Un peu comme un tortillard de l’époque, avec ses quatre wagons de quatre compartiments à quatre places.

Aucun verbe : les mots se télescopent, se heurtent et se détendent, brinquebalant comme les voitures du petit train.

Et Verlaine regarde le paysage, comme il regarde passer sa vie : les amours, la boisson, le tabac, l’errance avec Rimbaud.

L’atmosphère est gaie, le paysage souriant, mais les voyageurs drôlement secoués !

A quoi pense vraiment Paul Verlaine ?

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