Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900 – 1969)
(Musique : Anna Marly – (1917 – 2006)
Les Allemands étaient chez moi,
On m’a dit : « Résigne-toi »,
Mais je n’ai pas pu,
Et j’ai repris mon arme.
Personne ne m’a demandé,
D’où je viens et où je vais,
Vous qui le savez,
Effacez mon passage.
J’ai changé cent fois de nom,
J’ai perdu femme et enfants,
Mais j’ai tant d’amis,
Et j’ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier,
Pour un jour nous a cachés,
Les Allemands l’ont pris,
Il est mort sans surprise.
Hier encore nous étions trois,
Il ne reste plus que moi,
Et je tourne en rond,
Dans les prisons des frontières.
Le vent souffle sur les tombes,
La liberté reviendra,
On nous oubliera,
Nous rentrerons dans l’ombre
Trois textes poétiques symbolisent en France la période de la Résistance au nazisme : « J’écris ton nom », de Paul Eluard, « le chant des Partisans », de Joseph Kessel et Maurice Druon, et, moins connu, « la complainte du Partisan », d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie.
Comme « le chant des Partisans », ce dernier a été mis en musique par Anna Marly, puis repris par d’autres artistes, avec une musique légèrement modifiée. Mais c’est bien le chant d’Anna Marly, qu’il faut écouter : elle seule nous fait sentir le mouvement preste, rapide des Résistants dans l’action, et leur fuite furtive après leur intervention…
