Eugène Guillevic (1907 – 1997)
Terraqué (1942)
Du bouton de la porte aux flots hargneux de l’océan,
Du métal de l’horloge aux juments des prairies,
Ils ont besoin.
Ils ne diront jamais de quoi,
Mais ils demandent
Avec l’amour mauvais des pauvres qu’on assiste.
Il ne suffira pas de les mouiller de larmes
Et de jurer qu’on est comme eux.
Il ne suffira pas
De se presser contre eux avec des lèvres bonnes
Et de sourire.
C’est davantage qu’ils veulent pour les mener à bien
Où la vengeance est superflue.
Guillevic exprime ici l’attention qu’il porte au sort des humbles et des pauvres.
Artisans, pêcheurs, ouvriers, paysans sont évoqués dans la première strophe : tous rejettent la mièvre charité des « larmes » mouillées, des « lèvres bonnes » et du « sourire ».
Le communiste Guillevic veut davantage : un monde forgé par eux.