Jean-Antoine Roucher (1745 – 1794)
Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux,
Si quelque air de tristesse obscurcit mon visage ;
Quand un savant crayon dessinait cette image,
J’attendais l’échafaud et je pensais à vous.
L’œuvre de Jean-Antoine Roucher est aujourd’hui complètement oubliée. Elle consiste en une longue succession de poèmes intitulée « les mois », où il expose son accord avec les Lumières, son admiration pour Voltaire et Rousseau. Il adhère aux idées de la Révolution. Son refus de la Terreur lui vaudra l’enfermement et la guillotine, et il sera exécuté en même temps qu’un autre poète : André Chénier.

Il est l’auteur d’une formule célèbre qui n’a pas arrangé son cas :
« Robespierre, surnommé « l’Incorruptible» par des gens qui ne le sont pas »…
Cet émouvant quatrain a été écrit par le poète au bas de son portrait par Leroy le 6 thermidor an II (24 juillet 1794), à la veille de son exécution. Il a fait dire de Roucher qu’on se souvient de sa mort davantage que de sa vie.