Jacques Audiberti (1899 – 1965)Race des hommes (1937) 1 Qui frappe ? Encore les voisins,le cinéma, les bons apôtres…Tirez-vous donc, bande d’oursins !Elle avait mes yeux, pas les vôtres. 2 Vous n’allez pas m’expliquer, vous,le goût de soleil de sa bouche,ses pauvres bras, ses cheveux fous.Un trésor, c’est pour qu’on y touche. 3 Nous, la zone,Lire la suite « Audiberti – Les martyrs »
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Breton – Sur la route de San Romano
André Breton (1896 – 1966) (Pensée 1) La poésie se fait dans un lit comme l’amour Ses draps défaits sont l’aurore des choses La poésie se fait dans les bois Elle a l’espace qu’il lui faut Pas celui-ci mais l’autre que conditionnent (Images 1) L’œil du milan La rosée sur une prèle Le souvenir d’uneLire la suite « Breton – Sur la route de San Romano »
Noailles – J’écris pour que le jour…
Anna de Noailles (1876 – 1933)L’ombre des jours (1902) J’écris pour que le jour où je ne serai plusOn sache comme l’air et le plaisir m’ont plu,Et que mon livre porte à la foule futureComme j’aimais la vie et l’heureuse Nature. Attentive aux travaux des champs et des maisons,J’ai marqué chaque jour la forme desLire la suite « Noailles – J’écris pour que le jour… »
Verlaine – Le ciel est par-dessus le toit
Paul Verlaine (1844-1896)Sagesse (1881) Le ciel est, par-dessus le toit,Si bleu, si calme !Un arbre, par-dessus le toit,Berce sa palme. La cloche, dans le ciel qu’on voit,Doucement tinte.Un oiseau sur l’arbre qu’on voitChante sa plainte. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est làSimple et tranquille.Cette paisible rumeur-làVient de la ville. Qu’as-tu fait, ô toi queLire la suite « Verlaine – Le ciel est par-dessus le toit »
Verlaine – Chanson d’automne
Paul Verlaine (1844-1896)Poèmes saturniens (1866) Les sanglots longsDes violonsDe l’automneBlessent mon cœurD’une langueurMonotone. Tout suffocantEt blême, quandSonne l’heure,Je me souviensDes jours anciensEt je pleure Et je m’en vaisAu vent mauvaisQui m’emporteDeçà, delà,Pareil à laFeuille morte. Pour le titre de son premier recueil, Paul Verlaine, qui se pensait déjà maudit, a choisi de s’associer à Saturne,Lire la suite « Verlaine – Chanson d’automne »
Vannier – Le cabinet de Barbe-Bleue
Angèle vannier (1917 – 1980)L’amoureuse alchimie – Le sang des nuits Il y avait dans ma demeureDerrière une vitre de feuTrop épaisse pour mon désirUn point d’ombre que j’ignorais.Me l’aurais-tu montré des yeuxDans un amour énigmatique ?Ou mon sang savait-il la routeSans avoir l’air de la savoir ? Nous sommes tous nos propres Barbe-bleueNous jouonsLire la suite « Vannier – Le cabinet de Barbe-Bleue »
Valéry – La jeune parque
Paul Valéry (1871 – 1945) Écoute… N’attends plus… La renaissante annéeÀ tout mon sang prédit de secrets mouvements :Le gel cède à regret ses derniers diamants…Demain, sur un soupir des Bontés constellées,Le printemps vient briser les fontaines scellées :L’étonnant printemps rit, viole… On ne sait d’oùVenu ? Mais la candeur ruisselle à mots si douxQu’uneLire la suite « Valéry – La jeune parque »
Tranströmer – Prélude
Tomas Tranströmer (1931 – 2015)17 poèmes (1954) L’éveil est un saut en parachute hors du rêve.Libéré du tourbillon qui l’étouffe, le voyageurtombe dans les zones vertes du matin.Les objets s’enflamment. Il distingue — dans la position palpitantedu pinson — les phares puissants d’un système radiculairequi tournoie dans les bas-fonds. Mais au-dessus de la terreil yLire la suite « Tranströmer – Prélude »
Aragon – Réfractaire
Louis Aragon (1897 – 1982)La grande gaîté (1929). Pour me faire faire pipiPisspiss disait ma nourricePour me faire faire pipi Pour me faire faire cacaKakkak disait l’infirmièrePour me faire faire caca Pour me faire faire à droite alignementBroufbrouf disait la moustachePour me faire faire à droite alignement Mais je ne fais plus à droite alignementLire la suite « Aragon – Réfractaire »
Baudelaire – Moesta et errabunda
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe,Loin du noir océan de l’immonde cité,Vers un autre océan où la splendeur éclate,Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe ? La mer, la vaste mer, console nos labeurs !Quel démon a doté la mer,Lire la suite « Baudelaire – Moesta et errabunda »