Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,Maint rêve vespéral brûlé par le PhénixQue ne recueille pas de cinéraire amphore Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,Aboli bibelot d’inanité sonore,(Car le Maître est allé puiser des pleurs au StyxAvec ce seul objet dont leLire la suite « Mallarmé – Sonnet en X »
Archives de l’auteur : maugueg
Labé – Baise m’encore
Louise Labé (1524 – 1566) Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;Donne m’en un de tes plus savoureux,Donne m’en un de tes plus amoureux :Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise. Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,En t’en donnant dix autres doucereux.Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,Jouissons-nous l’un de l’autre àLire la suite « Labé – Baise m’encore »
Hugo – Oceano nox
Victor Hugo (1802-1885)Les rayons et les ombres (1836) Oh ! combien de marins, combien de capitainesQui sont partis joyeux pour des courses lointainesDans ce morne horizon se sont évanouis !Combien ont disparu, dure et triste fortune !Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! Combien de patronsLire la suite « Hugo – Oceano nox »
Hérédia – Le tepidarium
José Maria de Hérédia (1842 – 1905)Les Trophées (1893) La myrrhe a parfumé leurs membres assouplis ; Elles rêvent, goûtant la tiédeur de décembre, Et le brasier de bronze illuminant la chambre Jette la flamme et l’ombre à leurs beaux fronts pâlis. Aux coussins de byssus [1], dans la pourpre des lits, Sans bruit, parfois un corps de marbreLire la suite « Hérédia – Le tepidarium »
Hérédia – Armor
José Maria de Hérédia (1842 – 1905)Les Trophées (1893) Pour me conduire au Raz, j’avais pris à Trogor [1] Un berger chevelu comme un ancien Évhage [2] ; Et nous foulions, humant son arôme sauvage, L’âpre terre kymrique [3] où croît le genêt d’or. Le couchant rougissait et nous marchions encor, Lorsque le souffle amer me fouetta le visageLire la suite « Hérédia – Armor »
Fourest – Sardines à l’huile
Georges Fourest (1867-1945)La Négresse blonde (1909) Sardines à l’huile fine sans têtes et sans arêtes (Réclame des sardiniers, passim.) Dans leur cercueil de fer-blancplein d’huile au puant relentmarinent décapitésces petits corps argentéspareils aux guillotinéslà-bas au champ des navets !Elles ont vu les mers, lescôtes grises de Thulé,sous les brumes argentéesla Mer du Nord enchantée…Maintenant dans le fer-blancetLire la suite « Fourest – Sardines à l’huile »
Fort – L’écureuil
Paul Fort (1872 – 1960)Ballades françaises (1896) Écureuil du printemps, écureuil de l’été, qui domines la terre avec vivacité, que penses-tu là-haut de notre humanité ? — Les hommes sont des fous qui manquent de gaieté. Écureuil, queue touffue, doré trésor des bois, ornement de la vie et fleur de la nature, juché sur tonLire la suite « Fort – L’écureuil »
Emmanuel – Je sais
Pierre Emmanuel (1916 – 1984)Visage nuage (1956) Fragments d’une passion. J’ai vu sur terre la gangrène des charniersJ’ai vu le ciel encrassé de cendre humaineJ’ai vu l’haleine des superbesEmbuer de sang l’universJ’ai vu pourrir le cœur des puissants sur leurs lèvresJ’ai vu des hommes qu’on disait sagesParce qu’ils marchaient entre les flaques de sangJ’ai vuLire la suite « Emmanuel – Je sais »
Du Bellay – Las, où est maintenant ce mépris de fortune ?
Joachim du Bellay (1522-1560)Les regrets (1558) Las, où est maintenant ce mépris de Fortune [1] ?Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,Cet honnête désir de l’immortalité,Et cette honnête flamme au peuple non commune ? Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit bruneLes Muses me donnaient, alors qu’en libertéDessus le vert tapisLire la suite « Du Bellay – Las, où est maintenant ce mépris de fortune ? »
Corbière – La fin
Tristan Corbière (1845 – 1875)Les Amours jaunes (1873) Oh ! combien de marins, combien de capitaines, Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis !… ……………………………………………………………. Combien de patrons morts avec leurs équipages ! L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots ! NulLire la suite « Corbière – La fin »