Segalen – Les mauvais artisans

Victor Segalen (1878 – 1919)Stèles (1912) Ce sont, dans les vingt-huit maisons du Ciel ; la Navette étoilée qui jamais n’a tissé de soie ; Le Taureau constellé, corde au cou, et qui ne peut traîner sa voiture ; Le Filet myriadaire si bien fait pour coiffer les lièvres et qui n’en prend jamais ; Le VanLire la suite « Segalen – Les mauvais artisans »

Segalen – Les cinq relations

Victor Segalen (1878 – 1919)Stèles (1912) Du Père à son fils, l’affection. Du Prince au sujet, la justice. Du frère cadet à l’aîné, la subordination. D’un ami à son ami, toute la confiance, l’abandon, la similitude. … Mais pour elle, — de moi vers elle, — oserai-je dire et observer ! Elle, qui retentit plus queLire la suite « Segalen – Les cinq relations »

Couté – Le petit qui pleure

Gaston Couté (1880 – 1911) Un gosse qui n’a pas sept ansChiale au sortir du vieux faubourgOù ça sent la peine et l’amourEt je m’arrête là, longtemps :Moi, dont le cœur saigne ce soirTout rouge, en un silence atroce.Je m’arrête sur le trottoirA regarder chialer ce gosse… Pleure, pleure mon petit gâsDis, pourquoi pleures-tu ?Lire la suite « Couté – Le petit qui pleure »

Couté – Complainte des ramasseux d’ morts

Gaston Couté (1880 – 1911)Les mangeux d’ terre (1906) Cheu nous, le lend’main d’ la bataille,On est v’nu quéri’ les farmiers :J’avons semé queuq’s bott’lé’s d’ pailleDans l’ cul d’ la tomb’rée à fumier ;Et, nout’ jument un coup ett’lée,Je soumm’s partis, rasant les bordsDes guérets blancs, des vign’s gelées,Pour aller relever les morts… RefrainDansLire la suite « Couté – Complainte des ramasseux d’ morts »

Milosz – Tous les morts sont ivres

Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939)Les sept solitudes (1906) Tous les morts sont ivres de pluie vieille et saleAu cimetière étrange de LofotenL’horloge du dégel tictaque lointaineAu cœur des cercueils pauvres de Lofoten Et grâce aux trous creusés par le noir printempsLes corbeaux sont gras de froide chair humaineEt grâce au maigre vent à laLire la suite « Milosz – Tous les morts sont ivres »

Milosz – Et surtout que…

Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939)Poésies I, les sept solitudes (1906) — Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis —Les bois, les bois sont pleins de baies noires —Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puitsOù l’écho, l’écho de juin vient boire. Et que nul ne prononce mon nomLire la suite « Milosz – Et surtout que… »

Jacob – Amour du prochain

Max Jacob (1876 – 1944)Derniers poèmes Qui a vu le crapaud traverser une rue ? C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait …? Non ! Il est rhumatisant, une jambe reste en arrière, il la ramène ! Où va-t-il ainsi ? Il sort deLire la suite « Jacob – Amour du prochain »

Fort – Complainte du petit cheval blanc

Paul Fort (1872 – 1960)Cantilènes et ballades (1909) Le petit cheval dans le mauvais temps, qu’il avait donc du courage !C’était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant. Il n’y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysageIl n’y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant. Mais toujours il était content,Lire la suite « Fort – Complainte du petit cheval blanc »

Fort – Comme hier

Paul Fort (1872 – 1960)L’amour marin (1900) Hé! donne moi ta bouche, hé ! ma jolie fraise !L’aube a mis des frais’s plein notr’ horizonGarde tes dindons, moi mes porcs, ThérèseNe r’pouss’ pas du pied mes petits cochons. Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !Si tu n’ m’aimes point, c’est moi qui t’aim’ronsL’un tient le couteau, l’autreLire la suite « Fort – Comme hier »

Valéry – La fileuse

Paul Valéry (1871 – 1945) Assise, la fileuse au bleu de la croiséeOù le jardin mélodieux se dodeline ;Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée. Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câlineChevelure, à ses doigts si faibles évasive,Elle songe, et sa tête petite s’incline. Un arbuste et l’air pur font une source viveQui, suspendue auLire la suite « Valéry – La fileuse »