Paul Verlaine (1844-1896)Poèmes saturniens (1866) Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrantD’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aimeEt qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la mêmeNi tout à fait une autre, et m’aime et me comprend Car elle me comprend, et mon cœur, transparentPour elle seule, hélas ! cesse d’êtreLire la suite « Verlaine – Mon rêve familier »
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Verlaine – Avant que tu ne t’en ailles
Paul Verlaine (1844-1896)La bonne chanson (1870) Avant que tu ne t’en ailles,Pâle étoile du matin,– Mille caillesChantent, chantent dans le thym. – Tourne devers le poète,Dont les yeux sont pleins d’amour;– L’alouetteMonte au ciel avec le jour. – Tourne ton regard que noieL’aurore dans son azur;– Quelle joieParmi les champs de blé mûr ! –Lire la suite « Verlaine – Avant que tu ne t’en ailles »
Baudelaire – Les aveugles
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;Terribles, singuliers comme les somnambules,Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux. Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,Comme s’ils regardaient au loin, restent levésAu ciel ; on ne les voit jamaisLire la suite « Baudelaire – Les aveugles »
Baudelaire – La cloche fêlée
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Il est amer et doux, pendant les nuits d’hiver,D’écouter, près du feu qui palpite et qui fume,Les souvenirs lointains lentement s’éleverAu bruit des carillons qui chantent dans la brume, Bienheureuse la cloche au gosier vigoureuxQui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,Jette fidèlement son cri religieux,AinsiLire la suite « Baudelaire – La cloche fêlée »
Baudelaire – L’albatros
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipagePrennent des albatros, vastes oiseaux des mers,Qui suivent, indolents compagnons de voyage,Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches,Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,Laissent piteusement leurs grandes ailes blanchesComme des avirons traînerLire la suite « Baudelaire – L’albatros »
Baudelaire – L’invitation au voyage
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Mon enfant, ma sœur,Songe à la douceurD’aller là-bas vivre ensemble !Aimer à loisir,Aimer et mourirAu pays qui te ressemble !Les soleils mouillésDe ces ciels brouillésPour mon esprit ont les charmesSi mystérieuxDe tes traîtres yeux,Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n’est qu’ordre et beauté,Luxe, calme etLire la suite « Baudelaire – L’invitation au voyage »
Baudelaire – Une charogne
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,Ce beau matin d’été si doux :Au détour d’un sentier une charogne infâmeSur un lit semé de cailloux, Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,Brûlante et suant les poisons,Ouvrait d’une façon nonchalante et cyniqueSon ventre plein d’exhalaisons. Le soleilLire la suite « Baudelaire – Une charogne »
Hérédia – Les conquérants
José Maria de Hérédia (1842 – 1905)Les Trophées (1893) Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,Fatigués de porter leurs misères hautaines,De Palos de Moguer, routiers et capitainesPartaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métalQue Cipango mûrit dans ses mines lointaines,Et les vents alizés inclinaient leurs antennesAux bords mystérieuxLire la suite « Hérédia – Les conquérants »
Hérédia – La Trebbia
José Maria de Hérédia (1842 – 1905)Les Trophées (1893) L’aube d’un jour sinistre a blanchi les hauteurs.Le camp s’éveille. En bas roule et gronde le fleuveOù l’escadron léger des Numides [1] s’abreuve.Partout sonne l’appel clair des buccinateurs [2]. Car malgré Scipion, les augures menteurs,La Trebbia débordée, et qu’il vente et qu’il pleuve,Sempronius Consul, fier deLire la suite « Hérédia – La Trebbia »
Cros – Avenir
Charles Cros (1842 – 1888)Le coffret de santal (1873) Les coquelicots noirs et les bleuets fanésDans le foin capiteux qui réjouit l’étable,La lettre jaunie où mon aïeul respectableA mon aïeule fit des serments surannés, La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez,Le trictrac incrusté sur la petite tableMe ravissent. Ainsi dans un temps supputableMesLire la suite « Cros – Avenir »