Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, Parce qu’on les hait ;Et que rien n’exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu’elles sont maudites, chétives, Noirs êtres rampants ;Parce qu’elles sont les tristes captives De leur guet-apens ; Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ; O sort !Lire la suite « Hugo – J’aime l’araignée et j’aime l’ortie »
Archives de l’auteur : maugueg
Hugo – Après la bataille
Victor Hugo (1802-1885)La légende des siècles (1850) Mon père, ce héros au sourire si doux,Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tousPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.C’était un EspagnolLire la suite « Hugo – Après la bataille »
Desbordes-Valmore – Le réveil créole
Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)Elégies, Marie et romances (1819). N’a plus pouvoir dormir tout près toi dans cabane, Sentir l’air parfumé courir sur bouche à toi, Gagner plaisir qui doux passé mangé banane, Parfum là semblé feu qui brûler cœur à moi. Moi vlé z’éveiller toi. Baï moi baiser si doux, n’oser prend’ li moi-même, Guetter réveil à toi…Lire la suite « Desbordes-Valmore – Le réveil créole »
Desbordes-Valmore – Ouvrez aux enfants
Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)Poésies inédites (1860) Les enfants sont venus vous demander des roses ; Il faut leur en donner– Mais les petits ingrats détruisent toutes choses… – Il faut leur pardonner. Tout printemps est leur fête, et tout jardin leur table ; Qu’ils prennent à loisir !Ils nous devront du moins, souvenir délectable! D’avoir eu duLire la suite « Desbordes-Valmore – Ouvrez aux enfants »
Desbordes-Valmore – Fileuse
Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)Poésies inédites (1860) La fileuse file en versant des larmes ;Sur son lin choisi s’inclinent ses charmes.Le fil oublié glisse de ses doigts,Et ses chants d’oiseau tremblent dans sa voix. Sa quenouille est là toute négligée…Oh ! d’un jour à l’autre on est si changée !Quoi ! plus une rose àLire la suite « Desbordes-Valmore – Fileuse »
Parny – Nahandove
Evariste de Parny (1783 – 1814)Chansons madécasses (1787) Nahandove, ô belle Nahandove ! l’oiseau nocturne a commencé ses cris, la pleine lune brille sur ma tête, et la rosée naissante humecte mes cheveux. Voici l’heure : qui peut t’arrêter, Nahandove, ô belle Nahandove ? Le lit de feuilles est préparé ; je l’ai parsemé de fleurs et d’herbesLire la suite « Parny – Nahandove »
Parny – Aoua
Evariste de Parny (1783 – 1814)Chansons madécasses (1787) Aoua ! Aoua ! Méfiez-vous des blancs, habitans du rivage. Du temps de nos pères, des blancs descendirent dans cette île. On leur dit : Voilà des terres, que vos femmes les cultivent ; soyez justes, soyez bons, et devenez nos frères. Les blancs promirent, et cependant ils faisoient des retranchements.Lire la suite « Parny – Aoua »
Écouchard-Lebrun – Enigme
Ponce-Denis Ecouchard-Lebrun (1729 – 1807) Je ne suis point esprit, je ne suis point matière.Tout Mortel me fait naître, et je n’existe pas.Je me joue à mon gré de la Nature entière ;Je fais la nuit sans ombre et le jour sans lumière.On me suit au Japon sans en être plus las.J’épouvante, je plais, j’élève, j’humilie.SansLire la suite « Écouchard-Lebrun – Enigme »
La Fontaine – La cigale et la fourmi
Jean de la Fontaine (1621 – 1695) La cigale, ayant chantéTout l’été,Se trouva fort dépourvueQuand la bise fut venue.Pas un seul petit morceauDe mouche ou de vermisseau.Elle alla crier famineChez la fourmi sa voisine,La priant de lui prêterQuelque grain pour subsisterJusqu’à la saison nouvelle.Je vous paierai, lui dit-elle,Avant l’oût, foi d’animal,Intérêt et principal.La fourmi n’estLire la suite « La Fontaine – La cigale et la fourmi »
Saint-Amant – Le paresseux
Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594 – 1661) Accablé de paresse et de mélancolie,Je rêve dans un lit où je suis fagoté,Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie. Là, sans me soucier des guerres d’Italie,Du comte Palatin, ni de sa royauté,Je consacre un bel hymneLire la suite « Saint-Amant – Le paresseux »