Villon – Ballade des pendus

François Villon (1431 – vers 1463) Freres humains qui après nous vivez,N’ayez les cueurs contre nous endurciz,Car, se pitié de nous povres avez,Dieu en aura plus tost de vous merciz.Vous nous voiez cy attachez cinq, six :Quant de la chair, que trop avons nourrie,Elle est pieça devoree et pourrie,Et nous les os, devenons cendre et pouldre.DeLire la suite « Villon – Ballade des pendus »

Villon – Quatrain

François Villon (1431 – vers 1463) Je suis François, dont il me poise,Né de Paris emprès Pontoise,Et de la corde d’une toiseSaura mon col que mon cul poise  Je suis François (ou français, c’est un jeu de mots), ce qui me pèse,Né à Paris, près de Pontoise,Et grâce à une corde de deux mètres (environ !),MonLire la suite « Villon – Quatrain »

Orléans – En yver du feu du feu

Charles d’Orléans (1394 – 1465)Rondeaux En yver, du feu, du feu ! Et en esté, boire, boire ! C’est de quoy on fait memoire, Quant on vient en aucun lieu. Ce n’est ne bourde, ne jeu, Qui mon conseil vouldra croire : En yver, du feu, du feu ! Et en esté, boire, boire ! Chaulx morceaulx faiz de bon queu FaultLire la suite « Orléans – En yver du feu du feu »

Rimbaud – Les effarés

Arthur Rimbaud (1854 – 1891)(Version Verlaine / Aicard, 1871) Noirs dans la neige et dans la brume,Au grand soupirail qui s’allume,Leurs culs en rond, A genoux, cinq petits, – misère ! –Regardent le boulanger faireLe lourd pain blond. Ils voient le fort bras blanc qui tourneLa pâte grise et qui l’enfourneDans un trou clair IlsLire la suite « Rimbaud – Les effarés »

Anouilh – L’enterrement

Jean Anouilh (1910 -1987)Fables (1962) Le chien suivait l’enterrement du maître.Il pensait aux caresses ;Et il pensait aux coups.Les caresses étaient plus fortes…Dans le cortège, on s’indignait beaucoup.On excusait la veuve — elle était comme morte.On pardonnait à la maîtresse(Elle était morte aussi).Mais, qu’en la présence du prêtre,La bonne ait pu laisser vagabonder ainsiCe chienLire la suite « Anouilh – L’enterrement »

Agrippa d’Aubigné – Oui mais ainsi qu’on voit

Théodore Agrippa d’Aubigné (1552 – 1630)L’hécatombe à Diane Ouy, mais ainsi qu’on voit en la guerre civileLes debats les plus grands, du foible et du vainqueurDe leur doubteux combat laisser tout le malheurAu corps mort du païs, aux cendres d’une ville, Je suis le champ sanglant où la fureur hostileVomit le meurtre rouge, et laLire la suite « Agrippa d’Aubigné – Oui mais ainsi qu’on voit »