Roucher – À ma femme, à mes enfants, à mes amis

Jean-Antoine Roucher (1745 – 1794) Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux,Si quelque air de tristesse obscurcit mon visage ;Quand un savant crayon dessinait cette image,J’attendais l’échafaud et je pensais à vous. L’œuvre de Jean-Antoine Roucher est aujourd’hui complètement oubliée. Elle consiste en une longue succession de poèmes intitulée « les mois », où il expose sonLire la suite « Roucher – À ma femme, à mes enfants, à mes amis »

Rollinat – Le mauvais mort

Maurice Rollinat (1846 – 1903)Les névroses (1883) Au chevalier de Crollalanza Viande, sourcils, cheveux, ma bière et mon linceul,La tombe a tout mangé : sa besogne est finie ;Et dans mon souterrain je vieillis seul à seulAvec l’affreux silence et la froide insomnie. Mon crâne a constaté sa diminution,Et, résidu de mort qui s’écaille etLire la suite « Rollinat – Le mauvais mort »

Queneau – Je crains pas ça tellment

Raymond Queneau (1903 – 1976)L’Instant fatal (1948) Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailleset la mort de mon nez et celle de mes osJe crains pas ça tellment moi cette moustiquaillequ’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau Je crains pas ça tellment où va la bouquinailleles quais les cabinets la poussière etLire la suite « Queneau – Je crains pas ça tellment »

Pizan – Seulete suy

Christine de Pizan (1364 – 1430) Seulete suy et seulete vueil estre,Seulete m’a mon doulx ami laissiee,Seulete suy, sans compaignon ni maistre,Seulete suy dolente et courrouciee,Seulete suy en languour mesaisiee,Seulete suy plus que nulle esgaree,Seulete suy sans ami demouree. Seulete suy a huis ou a fenestre,Seulete suy en un anglet muciee,Seulete suy pour moi deLire la suite « Pizan – Seulete suy »

Perros – Les vieilles à coiffe

Georges Perros (1923 – 1978)Poèmes bleus – Marines (1962) (…)Les vieilles à coiffeQui font du vélo sous la pluieMais pleut-il vraiment en Bretagne ?La légende le dit, mais quoiLe crachin c’est une roséeQui vient de là-haut, qui s’enrouleAutour de nos fronts fatiguésCela nous fait du bien à l’âmeC’est à peine si la route s’en trouve humectéeLeLire la suite « Perros – Les vieilles à coiffe »

Perros – Il y a un proverbe breton

Georges Perros (1923 – 1978)Poèmes bleus – Marines (1962) (…)Il y a un proverbe bretonQui dit que la poésie est plus forteQue les trois choses les plus fortesLe mal le feu et la tempêteEt c’est bien la poésieQui s’est enfoncée jusqu’à la gardeDans la gorge de la BretagneDe la baie du Mont Saint-MichelA LocmariaquerMais qu’est-ceLire la suite « Perros – Il y a un proverbe breton »

Pérec – Vocalisations

Georges Pérec (1936 – 1982)La disparition (1969) A noir (un blanc), I roux, U safran, O azur :Nous saurons au jour dit ta vocalisation :A, noir carcan poilu d’un scintillant morpionQui bombinait autour d’un nidoral impur, Caps obscurs ; qui, cristal du brouillard ou du Khan,Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d’anis ?I, carmins,Lire la suite « Pérec – Vocalisations »

Noailles – La vie profonde

Anna de Noailles (1876 – 1933)Le Cœur innombrable (1901) Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,Étendre ses désirs comme un profond feuillage,Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,La sève universelle affluer dans ses mains ! Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,EtLire la suite « Noailles – La vie profonde »

Noailles – L’offrande à la nature

Anna de Noailles (1876 – 1933)Le Cœur innombrable (1901) Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,Nul n’aura comme moi si chaudement aiméLa lumière des jours et la douceur des choses,L’eau luisante et la terre où la vie a germé. La forêt, les étangs et les plaines fécondesOnt plus touché mes yeux que lesLire la suite « Noailles – L’offrande à la nature »