Edmond Haraucourt (1856 – 1941)« Seul » (1891) Il pleut sur la mer, lentement :La mer crépite sous la pluie ;Le ciel gris tombe en s’endormantVers la mer grise qui s’ennuie. La vague et la vague qui suitS’assoupissent comme les brises ;Nulle brise et nul autre bruitQue le frisson des gouttes grises. Les gouttes pâles, en tombant,FontLire la suite « Haraucourt – Il pleut sur la mer »
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Haraucourt – Rondel de l’adieu
Edmond Haraucourt (1856 – 1941)« Seul » (1891) Partir, c’est mourir un peu,C’est mourir à ce qu’on aime :On laisse un peu de soi-mêmeEn toute heure et dans tout lieu. C’est toujours le deuil d’un vœu,Le dernier vers d’un poème ;Partir, c’est mourir un peu,C’est mourir à ce qu’on aime. Et l’on part, et c’est un jeu,EtLire la suite « Haraucourt – Rondel de l’adieu »
Guillevic – Sera comblé
Eugène Guillevic (1907 – 1997)Inclus (1973) Sera comblé Celui pour qui l’espaceNe sera pas dehors. Ecoute en toi le merleComme il habite. Regarde-toi par luiT’étendre sur la plaine. Lorsque paraît « Inclus », Guillevic est septuagénaire. Il se dit apaisé, tranquille, heureux du parcours effectué. Il est toujours passionné par ses rapports avec le monde sensible etLire la suite « Guillevic – Sera comblé »
Guillevic – Passez entre les fleurs
Eugène Guillevic (1907 – 1997)Exécutoire (1947) Passez entre les fleurs et regardezAu bout du pré c’est le charnier. Pas plus de cent, mais bien en tas,Ventre d’insecte un peu géantAvec des pieds à travers tout. Le sexe est dit par les souliers,Les regards ont coulé sans doute. Eux aussiPréféraient les fleurs. Quel est le charnierLire la suite « Guillevic – Passez entre les fleurs »
Guillevic – Du bouton de la porte
Eugène Guillevic (1907 – 1997)Terraqué (1942) Du bouton de la porte aux flots hargneux de l’océan,Du métal de l’horloge aux juments des prairies,Ils ont besoin. Ils ne diront jamais de quoi,Mais ils demandentAvec l’amour mauvais des pauvres qu’on assiste. Il ne suffira pas de les mouiller de larmesEt de jurer qu’on est comme eux. IlLire la suite « Guillevic – Du bouton de la porte »
Guillevic – Carnac
Eugène Guillevic (1907 – 1997)Terraqué (1942) Les menhirs la nuit vont et viennentEt se grignotent.Les forêts le soir font du bruit en mangeant.La mer met son goémon autour du cou – et serre.Les bateaux froids poussent l’homme sur les rochersEt serrent. « Terraqué » est le premier recueil publié par Eugène Guillevic. L’adjectif « terraqué », formé sur lesLire la suite « Guillevic – Carnac »
Gregh – Etoile
Fernand Gregh (1873 – 1960) Viens dans le soir clair, sur la route.Il fait tiède, marchons un peu ;Marchons, pas à pas, il fait bleu.Appuie et pèse à mon bras, toute. C’est l’heure vague où la nuit doute ;Le vent du sud met l’ombre en feu :L’extase où l’on croit sentir DieuPerle à nos frontsLire la suite « Gregh – Etoile »
Gautier – Fumée
Théophile Gautier (1811 – 1872)Emaux et camées (1852) Là-bas, sous les arbres s’abriteUne chaumière au dos bossu ;Le toit penche, le mur s’effrite,Le seuil de la porte est moussu. La fenêtre, un volet la bouche ;Mais du taudis, comme au temps froidLa tiède haleine d’une bouche,La respiration se voit. Un tire-bouchon de fumée,Tournant son minceLire la suite « Gautier – Fumée »
Fort – Le bonheur
Paul Fort (1872 – 1960) Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer. Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite.Dans l’ache et leLire la suite « Fort – Le bonheur »
Florian – Plaisir d’amour
Jean-Pierre Claris de Florian (1755 – 1794) Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,Chagrin d’amour dure toute la vie. J’ai tout quitté pour l’ingrate Sylvie,Elle me quitte et prend un autre amant… Plaisir d’amour ne dure qu’un momentChagrin d’amour dure toute la vie. Tant que cette eau coulera doucementVers ce ruisseau qui borde la prairie,Je t’aimerai,Lire la suite « Florian – Plaisir d’amour »