Pierre Emmanuel (1916 – 1984)Jour de colère (mars 1942) O mes frères dans les prisons vous êtes libresLibres les yeux brûlés les membres enchaînésLe visage troué les lèvres mutiléesVous êtes ces arbres violents et torturésQui croissent plus puissants parce qu’on les émondeEt surtout le pays d’humaine destinéeVotre regard d’hommes vrais est sans limitesVotre silence estLire la suite « Emmanuel – Hymne de la liberté »
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Eluard – J’écris ton nom
Paul Eluard (1895 – 1952)Poésie et vérité (1942) Fernand Léger – « Liberté » Sur mes cahiers d’écolierSur mon pupitre et les arbresSur le sable sur la neigeJ’écris ton nom Sur toutes les pages luesSur toutes les pages blanchesPierre sang papier ou cendreJ’écris ton nom Sur les images doréesSur les armes des guerriersSur la couronne des roisJ’écrisLire la suite « Eluard – J’écris ton nom »
Eluard – L’amoureuse
Paul Eluard (1895 – 1952)Capitale de la douleur (1926) Elle est debout sur mes paupièresEt ses cheveux sont dans les miens,Elle a la forme de mes mains,Elle a la couleur de mes yeux,Elle s’engloutit dans mon ombreComme une pierre sur le ciel.Elle a toujours les yeux ouvertsEt ne me laisse pas dormir.Ses rêves en pleineLire la suite « Eluard – L’amoureuse »
Duval – Trivliad
(Emotion) Anjela Duval (1905 – 1981)Kan an Douar (1973) Savet em eus va c’heinDa ehanañ.Hag ez eo paret va selloùWar un dra bennak, aze,En tu all d’ar saonenn :Traoùigoù o hejañGant an avel.E pign ouzh un orjalenn,Traoù bihan, skañv, skañv,Traoùigoù gwenn ha roz :Ur c’houez bihan o sec’han,Ur c’houez lienoù babig…— Hag un dra bennakLire la suite « Duval – Trivliad »
Duval – Tilh
(les ormes) Anjela Duval (1905 – 1981)Traoñ an dour Trizek tilhenn stank-ha-stankStok-ha-stok war ar c’hleuz krasSonn o fenn en oabl glasD’an amzer m’edon yaouankInt ’oa dija brasTrizek tilhenn en ur blokadBoked glas-duDivent. Ramzel.War an dremmwel. An tilh-mañ n’int ket va zraAr gwir am eus memestraD’ober o diskarEmaint o sunañ sev va douarGant o gwrizioù kenLire la suite « Duval – Tilh »
Duval – Roz goañv
(Rose d’hiver) Anjela Duval (1905 – 1981)Traoñ an dour E blevad arem-aourAn halegennBlevad hir blevad dirLufret a frimRozennoù esparRozennoù duO daredoù aourDornadoù plu :Mouilc’hi houpetMarnaonietO spiañ al leurennGant o selloù jedE spi ur c’hreunenn. Froum ur bagad meleganedTaolet-distaoletEn avel-vizRozennoù brizhRoz arwer war nijO splujañ er bern plouzLufret a frimReut ‘vel keuneudE spi ur begadHag urLire la suite « Duval – Roz goañv »
Desnos – Apparition
Robert Desnos (1900 – 1945)Les sans cou (1934) Né de la boue, jailli au ciel, plus flottant qu’un nuage, plus dur que le marbre, Né de la joie, jailli du sommeil, plus flottant qu’une épave, plus dur qu’un cœur, Né de son cœur, jailli du ciel, plus flottant que le sommeil, plus dur que leLire la suite « Desnos – Apparition »
Bousquet – La nuit mûrit
Joë Bousquet (1897 – 1950)La Connaissance du soir (1945) A Jean Paulhan En cherchant mon cœur dans le noirmes yeux cristal de ce que j’aimes’entourent de moi sans me voir Mais leur ténèbre est l’amour mêmeoù toute onde épousant sa nuitdans mes jours se forge un sourire Afin qu’aux traits où je le suisSa transparenceLire la suite « Bousquet – La nuit mûrit »
Bousquet – L’hirondelle blanche
Joë Bousquet (1897 – 1950)Le sème chemins (1968) Il ne fait pas nuit sur la terre ; l’obscurité rôde, elle erre autour du noir. Et je sais des ténèbres si absolues que toute forme y promène une lueur et y devient le pressentiment, peut-être l’aurore d’un regard. Ces ténèbres sont en nous. Une dévorante obscurité nousLire la suite « Bousquet – L’hirondelle blanche »
Baudelaire – Correspondances
Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) La Nature est un temple où de vivants piliersLaissent parfois sortir de confuses paroles ;L’homme y passe à travers des forêts de symbolesQui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondentDans une ténébreuse et profonde unité,Vaste comme la nuit etLire la suite « Baudelaire – Correspondances »