Victor Hugo (1802-1885)L’art d’être grand-père (1877) Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture,Et lui glissai dans l’ombre un pot de confitureContraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,Repose le salut de la société,S’indignèrent, et Jeanne a dit d’uneLire la suite « Hugo – Jeanne était au pain sec »
Archives de la catégorie : Hugo
Hugo – Oceano nox
Victor Hugo (1802-1885)Les rayons et les ombres (1836) Oh ! combien de marins, combien de capitainesQui sont partis joyeux pour des courses lointainesDans ce morne horizon se sont évanouis !Combien ont disparu, dure et triste fortune !Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! Combien de patronsLire la suite « Hugo – Oceano nox »
Hugo – Bêtise de la guerre
Victor Hugo (1802-1885)L’année terrible (1872) Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,Berceuse du chaos où le néant oscille,Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,Toute pleine du bruit furieux des clairons,Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,Où flotte une clarté plus noire que laLire la suite « Hugo – Bêtise de la guerre »
Hugo – Demain dès l’aube
Victor Hugo (1802-1885)Les contemplations (1856) Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,Seul, inconnu, le dosLire la suite « Hugo – Demain dès l’aube »
Hugo – Mes deux filles
Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !Voyez, la grande sœur et la petite sœurSont assises au seuil du jardin, et sur ellesUn bouquet d’œillets blancs aux longues tiges frêles,Dans une urne de marbreLire la suite « Hugo – Mes deux filles »
Hugo – La source tombait du rocher
Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) La source tombait du rocherGoutte à goutte à la mer affreuse.L’océan, fatal au nocher,Lui dit : – Que me veux-tu, pleureuse ? Je suis la tempête et l’effroi ;Je finis où le ciel commence.Est-ce que j’ai besoin de toi,Petite, moi qui suis l’immense ? – La source dit au gouffreLire la suite « Hugo – La source tombait du rocher »
Hugo – J’aime l’araignée et j’aime l’ortie
Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, Parce qu’on les hait ;Et que rien n’exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu’elles sont maudites, chétives, Noirs êtres rampants ;Parce qu’elles sont les tristes captives De leur guet-apens ; Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ; O sort !Lire la suite « Hugo – J’aime l’araignée et j’aime l’ortie »
Hugo – Après la bataille
Victor Hugo (1802-1885)La légende des siècles (1850) Mon père, ce héros au sourire si doux,Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tousPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.C’était un EspagnolLire la suite « Hugo – Après la bataille »