Leconte de Lisle – Midi

Charles Leconte de Lisle (1818 – 1894)Poèmes antiques (1852) Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu.Tout se tait. L’air flamboie et brûle sans haleine ;La terre est assoupie en sa robe de feu. L’étendue est immense, et les champs n’ont point d’ombre,Et la source est tarieLire la suite « Leconte de Lisle – Midi »

Lacaussade – Le soldat

Auguste Lacaussade (1815 – 1897)Études poétiques (1876) On marche aux sons voilés du tambour. Sur la plaineLe soleil luit ; l’oiseau vole au bord du chemin.Oh ! que n’ai-je son aile ! oh ! que la vie est pleineDe tristesse ! Mon cœur se brise dans mon sein. Au monde je n’aimais que lui, monLire la suite « Lacaussade – Le soldat »

Labé – Ô beaux yeux bruns

Louise Labé (1524 – 1566) Ô beaux yeux bruns, ô regards destournez,Ô chaus soupirs, ô larmes espandues,Ô noires nuits vainement atendues,Ô jours luisans vainement retournez : Ô tristes pleins (1), ô desirs obstinez,Ô tems perdus, ô peines despendues (2),Ô mile morts en mile rets tendues,Ô pires maus contre moy destinez : Ô ris, ô front,Lire la suite « Labé – Ô beaux yeux bruns »

Jarry – Parmi les bruyères

Alfred Jarry (1873 – 1907)Les jours et les nuits (1907) Parmi les bruyères, pénil des menhirs,Selon un pourboire, le sourd-muet qui rôdeAutour du trou du champ des os des martyrsTâte avec sa lanterne au bout d’une corde.Sur les flots de carmin, le vent souffle en cor.La licorne des mers par la lande oscille.L’ombre des spectresLire la suite « Jarry – Parmi les bruyères »

Jammes – On dit qu’à Noël…

Francis Jammes (1868 – 1938)De l’angélus de l’aube à l’angélus du soir A Mademoiselle M. R. On dit qu’à Noël, dans les étables, à minuit,L’âne et le bœuf, dans l’ombre pieuse, causent.Je le crois. Pourquoi pas ? Alors, la nuit grésille :les étoiles font un reposoir et sont des roses.L’âne et le bœuf ont ce secretLire la suite « Jammes – On dit qu’à Noël… »

Hugo – Jeanne était au pain sec

Victor Hugo (1802-1885)L’art d’être grand-père (1877) Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture,Et lui glissai dans l’ombre un pot de confitureContraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,Repose le salut de la société,S’indignèrent, et Jeanne a dit d’uneLire la suite « Hugo – Jeanne était au pain sec »

Guillevic – Nita

Eugène Guillevic (1907 – 1997) Ce n’est pas sous les bois qu’on trouvera son corps,Ni dans l’herbe et jamais la rosée ne sauraCe que devient un corps si doux quand il est mortEt qu’il parait dormir en éprouvant un peuLa patience de l’herbe. Ce n’est pas sous les buis qu’on trouvera son corps,Dans aucun bois,Lire la suite « Guillevic – Nita »

Ipomoea (Ipomée)

Louise Glück (1943 – …)L’iris sauvage (1993) What was my crime in another life,as in this life my crimeis sorrow, that I am not to bepermitted to ascend ever again,never in any sensepermitted to repeat my life,wound in the hawthorn, allearthly beauty my punishmentas it is yours —Source of my suffering, whyhave you drawn fromLire la suite « Ipomoea (Ipomée) »

Follain – Trois poèmes

Jean Follain (1903 – 1971)Territoires (1953) Domaine d’homme L’homme éternel cultiveson terrain et gémitsur le tempspourvoyeur des blés et des vignesquel cruel soleil un jourmais quelle douce fraîcheur un autreà la maison une femme au corps de gloiremet le couvertun papillon la suit sans finrompant le painle journalier écoute fuir chaque minute. L’affiche L’enfant poussantLire la suite « Follain – Trois poèmes »

Eluard – La terre est bleue

Paul Eluard (1895 – 1952)L’amour la poésie (1929) La terre est bleue comme une orangeJamais une erreur les mots ne mentent pasIls ne vous donnent plus à chanterAu tour des baisers de s’entendreLes fous et les amoursElle sa bouche d’allianceTous les secrets tous les souriresEt quels vêtements d’indulgenceÀ la croire toute nue. Les guêpes fleurissentLire la suite « Eluard – La terre est bleue »