Charles Guérin (1873 – 1907)Le sang des crépuscules (1895) La voix du soir est sainte et forte, Lourde de songes et de parfums, Et son flot d’ombre me rapporte La cendre des espoirs défunts. J’ai dit à l’amour qu’il s’en aille, Et son pas d’aube, je l’écoute Qui dans la gaieté des sonnailles S’étouffe au tournant de la route. La douceurLire la suite « Guérin – La voix du soir »
Archives de la catégorie : Auteurs
Jammes – Prière pour aller au paradis avec les ânes
Francis Jammes (1868 – 1938)Le deuil des primevères (1901) Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites que ce soit par un jour où la campagne en fête poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas, choisir un chemin pour aller, comme il me plaira, au Paradis, où sont en plein jour les étoiles. Je prendrai mon bâton etLire la suite « Jammes – Prière pour aller au paradis avec les ânes »
Régnier – L’invisible présence
Henri de Régnier (1864 – 1936 )Les jeux rustiques et divins – La corbeille des heures (1897) Le temps furtif vient, tourne et rôdeInvisible autour de nos viesEt l’on entend glisser sa robeSur le sable et sur les orties. Il nous signale sa présenceMinutieuse et souverainePar un taret dans la crédence,Par une moire en la fontaine,Lire la suite « Régnier – L’invisible présence »
Renard – La cage sans oiseaux
Jules Renard (1864-1910)Histoires naturelles (1894) Félix ne comprend pas qu’on tienne des oiseaux prisonniers dans une cage. – De même, dit-il, que c’est un crime de cueillir une fleur, et, personnellement, je ne veux la respirer que sur sa tige, de même les oiseaux sont faits pour voler. Cependant il achète une cage ; ilLire la suite « Renard – La cage sans oiseaux »
Richepin – Les petiots
Jean Richepin (1849 – 1926)La chanson des gueux (1881) Ouvrez la porteAux petiots qui ont bien froid.Les petiots claquent des dents.Ohé ! ils vous écoutent !S’il fait chaud là-dedans,Bonnes gens,Il fait froid sur la route. Ouvrez la porteAux petiots qui ont bien faim.Les petiots claquent des dents.Ohé ! il faut qu’ils entrent !Vous mangez là-dedans,Bonnes gens,Eux n’ontLire la suite « Richepin – Les petiots »
Vielé-Griffin – N’est-il une chose au monde…
Francis Vielé-Griffin (1864 – 1937)Partenza (1899) « N’est-il une chose au monde,Chère, à la face du ciel― un rire, un rêve, une ronde,Un rayon d’aurore ou de miel N’est-il une chose sacrée― un livre, une larme, une lèvre,Une grève, une gorge nacrée,Un cri de fierté ou de fièvre N’est-il une chose haute,Subtile et pudique etLire la suite « Vielé-Griffin – N’est-il une chose au monde… »
Vielé-Griffin – J’ai choisi l’automne attendri
Francis Vielé-Griffin (1864 – 1937)Partenza (1899) J’ai choisi l’automne attendriEt cette heure des ombres longues ;Je cueille une rose flétrie ;On marche et les feuilles tombent. J’ai choisi ce tournant de routeD’où le ciel est plus loin dans le soir ;Tout est si calme ! on écouteDes rires au fond de la mémoire… J’ai choisi ce soir d’automne– JeLire la suite « Vielé-Griffin – J’ai choisi l’automne attendri »
Lautréamont – Les chants de Maldoror
Lautréamont (1846 – 1870)Les chants de Maldoror (1869) Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l’eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme surLire la suite « Lautréamont – Les chants de Maldoror »
Corbière – Petit mort pour rire
Tristan Corbière (1845 – 1875)Les Amours jaunes (1873) Va vite, léger peigneur de comètes !Les herbes au vent seront tes cheveux ;De ton œil béant jailliront les feuxFollets, prisonniers dans les pauvres têtes… Les fleurs de tombeau qu’on nomme AmourettesFoisonneront plein ton rire terreux…Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes… Ne fais pas le lourd :Lire la suite « Corbière – Petit mort pour rire »
Corbière – Vésuves et Cie
Tristan Corbière (1845 – 1875)Les Amours jaunes (1873) Pompeïa-station — Vésuve, est-ce encor toi ?Toi qui fis mon bonheur, tout petit, en Bretagne,— Du bon temps où la foi transportait la montagne —Sur un bel abat-jour, chez une tante à moi : Tu te détachais noir, sur un fond transparent,Et la lampe grillait les feuxLire la suite « Corbière – Vésuves et Cie »