Mallarmé – Don du poème

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée !Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,Par le verre brûlé d’aromates et d’or,Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor, L’aurore se jeta sur la lampe angélique.Palmes ! et quand elle a montré cette reliqueA ce père essayant un sourire ennemi,La solitude bleue etLire la suite « Mallarmé – Don du poème »

Mallarmé – Brise marine

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898)Poésies (1887) La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivresD’être parmi l’écume inconnue et les cieux !Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeuxNe retiendra ce cœur qui dans la mer se trempeÔ nuits ! niLire la suite « Mallarmé – Brise marine »

Rimbaud – Le mal

Arthur Rimbaud (1854 – 1891)Ecrit en 1870 Tandis que les crachats rouges de la mitrailleSifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,Croulent les bataillons en masse dans le feu ; Tandis qu’une folie épouvantable broieEt fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;– PauvresLire la suite « Rimbaud – Le mal »

Rimbaud – Le coeur supplicié

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) Mon triste cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal :Ils y lancent des jets de soupe,Mon triste cœur bave à la poupe :Sous les quolibets de la troupeQui lance un rire général,Mon triste cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal ! Ithyphalliques et pioupiesques,Leurs insultes l’ontLire la suite « Rimbaud – Le coeur supplicié »

Rimbaud – Le dormeur du val

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) C’est un trou de verdure où chante une rivière,Accrochant follement aux herbes des haillonsD’argent ; où le soleil, de la montagne fière,Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,Dort ; il est étenduLire la suite « Rimbaud – Le dormeur du val »

Rimbaud – Voyelles

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes :A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;I, pourpres, sangLire la suite « Rimbaud – Voyelles »

Verlaine – Dernier dizain

Paul Verlaine (1844-1896)Parallèlement (1889) Ô Belgique qui m’as valu ce dur loisir,Merci ! J’ai pu du moins réfléchir et saisirDans le silence doux et blanc de tes cellulesLes raisons qui fuyaient comme des libellulesÀ travers les roseaux bavards d’un monde vain,Les raisons de mon être éternel et divin,Et les étiqueter comme en un beau muséeDansLire la suite « Verlaine – Dernier dizain »

Verlaine – Impression fausse

Paul Verlaine (1844-1896)Parallèlement (1889) Dame souris trotteNoire dans le gris du soir,Dame souris trotteGrise dans le noir. On sonne la cloche,Dormez les bons prisonniers !On sonne la cloche :Faut que vous dormiez. Pas de mauvais rêve,Ne pensez qu’à vos amours.Pas de mauvais rêve :Les belles toujours ! Le grand clair de lune !On ronfle fermeLire la suite « Verlaine – Impression fausse »

Verlaine – Walcourt

Paul Verlaine (1844-1896)Romances sans paroles (Paysages Belges) (1874) Briques et tuiles,Ô les charmantsPetits asilesPour les amants ! Houblons et vignes,Feuilles et fleurs,Tentes insignesDes francs buveurs ! Guinguettes claires,Bières, clameurs,Servantes chèresÀ tous fumeurs ! Gares prochaines,Gais chemins grands…Quelles aubaines,Bons juifs-errants ! Juillet 1872 Le petit train des Côtes-du-Nord, Bréhec, 1956 Walcourt est un village wallon, auLire la suite « Verlaine – Walcourt »

Verlaine – Pantoum négligé

Paul Verlaine (1844-1896)Jadis et naguère (1884) Trois petits pâtés, ma chemise brûle.Monsieur le Curé n’aime pas les os.Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,Que n’émigrons-nous vers les Palaiseaux ! Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,On dirait d’un cher glaïeul sur les eaux.Vivent le muguet et la campanule !Dodo, l’enfant do, chantez, douxLire la suite « Verlaine – Pantoum négligé »