François Coppée (1842 – 1908)Les Humbles – Promenades et intérieurs (1872) Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois,A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois,Pendant les tristes jours de l’hiver monotoneLes pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.Oh ! commeLire la suite « Coppée – La mort des oiseaux »
Archives de la catégorie : Auteurs
Coppée – Innocence
François Coppée (1842 – 1908)Poèmes divers (1869) A Léopold Hovoritz Si chétive, une haleine, une âme,L’orpheline du porte-clésPromenait dans la cour infâmeL’innocence en cheveux bouclés. Elle avait cinq ans ; son épauleÉtait blanche sous les haillons ;Et, libre, elle emplissait la geôleD’éclats de rire et de rayons. Qui est cette lumineuse orpheline, cette fleur deLire la suite « Coppée – Innocence »
Banville – Le verger du roi Louis
Théodore de Banville (1823 – 1891)Gringoire (1866) Sur ses larges bras étendus,La forêt où s’éveille Flore,A des chapelets de pendusQue le matin caresse et dore.Ce bois sombre, où le chêne arboreDes grappes de fruits inouïsMême chez le Turc et le Maure,C’est le verger du roi Louis. Tous ces pauvres gens morfondus,Roulant des pensées qu’on ignore,DansLire la suite « Banville – Le verger du roi Louis »
Leconte de Lisle – Le manchy
Charles Leconte de Lisle (1818 – 1894)Poésies barbares (1855) Sous un nuage frais de claire mousseline,Tous les dimanches au matin,Tu venais à la ville en manchy [1] de rotin,Par les rampes de la colline. La cloche de l’église alertement tintaitLe vent de mer berçait les cannesComme une grêle d’or, aux pointes des savanes,Le feu duLire la suite « Leconte de Lisle – Le manchy »
Nerval – El desdichado
Gérard de Nerval (1808 – 1855)Les chimères (1854) Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constelléPorte le Soleil noir de la Mélancolie. Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,La fleurLire la suite « Nerval – El desdichado »
Nerval – Le relais
Gérard de Nerval (1808 – 1855)Odelettes (1834) En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’œil fatigué de voir et le corps engourdi. Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un ruisseau qui murmureLire la suite « Nerval – Le relais »
Hugo – Bêtise de la guerre
Victor Hugo (1802-1885)L’année terrible (1872) Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,Berceuse du chaos où le néant oscille,Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,Toute pleine du bruit furieux des clairons,Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,Où flotte une clarté plus noire que laLire la suite « Hugo – Bêtise de la guerre »
Hugo – Demain dès l’aube
Victor Hugo (1802-1885)Les contemplations (1856) Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,Seul, inconnu, le dosLire la suite « Hugo – Demain dès l’aube »
Hugo – Mes deux filles
Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !Voyez, la grande sœur et la petite sœurSont assises au seuil du jardin, et sur ellesUn bouquet d’œillets blancs aux longues tiges frêles,Dans une urne de marbreLire la suite « Hugo – Mes deux filles »
Hugo – La source tombait du rocher
Victor Hugo (1802-1885)Les Contemplations (1856) La source tombait du rocherGoutte à goutte à la mer affreuse.L’océan, fatal au nocher,Lui dit : – Que me veux-tu, pleureuse ? Je suis la tempête et l’effroi ;Je finis où le ciel commence.Est-ce que j’ai besoin de toi,Petite, moi qui suis l’immense ? – La source dit au gouffreLire la suite « Hugo – La source tombait du rocher »