Viau – Ode

Théophile de Viau (1590 – 1626)Edition de 1623 Un corbeau devant moi croasse,Une ombre offusque mes regards,Deux belettes et deux renardsTraversent l’endroit où je passe,Les pieds faillent à mon cheval,Mon laquais tombe du haut mal,J’entends craqueter le tonnerre,Un esprit se présente à moi,J’ois Charon qui m’appelle à soi,Je vois le centre de la terre. CeLire la suite « Viau – Ode »

Chassignet – Mortel, pense…

Jean-Baptiste Chassignet (1570 – 1635)Le mépris de la vie (1594) Mortel, pense quel est dessous la couvertureD’un charnier mortuaire un corps mangé de vers,Décharné, dénervé, où les os découverts,Dépoulpés, dénoués, délaissent leur jointure ; Ici l’une des mains tombe en la pourriture,Les yeux d’autre côté détournés à l’enversSe distillent en glaire, et les muscles diversServent auxLire la suite « Chassignet – Mortel, pense… »

Ronsard – Je n’ai plus que les os

Pierre de Ronsard (1524-1585)Pièces posthumes (1586) Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,Que le trait de la mort sans pardon a frappé,Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;Adieu, plaisantLire la suite « Ronsard – Je n’ai plus que les os »

Ronsard – Escoute bucheron

Pierre de Ronsard (1524-1585)Elégies (…) Escoute, bucheron, arreste un peu le bras !Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,Ne vois-tu pas le sang lequel degoute à forceDes Nymphes qui vivoyent dessous la dure escorce ?Sacrilege meurdrier, si on pend un voleurPour piller un butin de bien peu de valeur,Combien de feux, deLire la suite « Ronsard – Escoute bucheron »

Ronsard – Comme un chevreuil

Pierre de Ronsard (1524-1585)Les amours de Cassandre (1552) Comme un chevreuil, quand le printemps détruitL’oiseux cristal de la morne gelée,Pour mieux brouter l’herbette emmielléeHors de son bois avec l’Aube s’enfuit, Et seul, et sûr, loin de chien et de bruit,Or sur un mont, or dans une vallée,Or près d’une onde à l’écart recelée,Libre folâtre oùLire la suite « Ronsard – Comme un chevreuil »

Du Bellay – Heureux qui comme Ulysse

Joachim du Bellay (1522-1560)Les regrets (1558) Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison,Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas, de mon petit villageFumer la cheminée, et en quelle saisonReverrai-je le clos de ma pauvreLire la suite « Du Bellay – Heureux qui comme Ulysse »

Du Bellay – Déjà la nuit

Joachim du Bellay (1522-1560)L’Olive (1549) Déjà la nuit en son parc amassaitUn grand troupeau d’étoiles vagabondes,Et pour entrer aux cavernes profondes,Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait. Déjà le ciel aux Indes rougissait,Et l’Aube encor de ses tresses tant blondesFaisant grêler mille perlettes rondes,De ses trésors les prés enrichissait. Quand d’occident, comme une étoile vive,JeLire la suite « Du Bellay – Déjà la nuit »

Labé – Oh si j’étais en ce beau sein ravie

Louise Labé (1524 – 1566)Poème de 1555 Oh, si j’étais en ce beau sein ravieDe celui là pour lequel vais mourant :Si avec lui vivre le demeurantDe mes courts jours ne m’empêchait envie : Si m’accolant me disait : chère Amie,Contentons nous l’un l’autre, s’assurantQue jà tempête, Euripe, ne courantNe nous pourra desjoindre en notreLire la suite « Labé – Oh si j’étais en ce beau sein ravie »

Du Guillet – Qui dira ma robe fourrée

Pernette du Guillet (1520 – 1545) Qui dira ma robe fourrée De la belle pluie dorée Qui Daphné enclose ébranla : Je ne sais rien moins que cela. Qui dira qu’à plusieurs je tends Pour en avoir mon passetemps,Prenant mon plaisir çà, et là : Je ne sais rien moins que cela. Qui dira que t’ai révélé Le feu long tempsLire la suite « Du Guillet – Qui dira ma robe fourrée »

Villon – Ballade de la grosse Margot

François Villon (1431 – vers 1463) Se j’ayme et sers la belle de bon hetMen devez vous tenir ne vil ne sot ?Elle a en soy des biens a fin soubzhet ;Pour son amour seins boucler et passot.Quant viennent gens, je cours et happe ung pot,Au vin m’en voys sans demener grant bruyt ;Je leur tens eaue,Lire la suite « Villon – Ballade de la grosse Margot »