Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900 – 1969)(Musique : Anna Marly – (1917 – 2006) Les Allemands étaient chez moi,On m’a dit : « Résigne-toi »,Mais je n’ai pas pu,Et j’ai repris mon arme. Personne ne m’a demandé,D’où je viens et où je vais,Vous qui le savez,Effacez mon passage. J’ai changé cent fois de nom,J’ai perdu femme et enfants,MaisLire la suite « Astier de la Vigerie – Complainte du Partisan »
Archives de la catégorie : Auteurs
Artaud – Correspondance de la momie
Antonin Artaud (1896 – 1948)Publié en 1927 dans la Nouvelle revue française Cette chair qui ne se touche plus dans la vie, cette langue qui n’arrive plus à dépasser son écorce, cette voix qui ne passe plus par les routes du son, cette main qui a oublié plus que le geste de prendre, qui n’arriveLire la suite « Artaud – Correspondance de la momie »
Aragon – Le vrai zadjal d’en mourir
Louis Aragon (1897 – 1982)Le fou d’Elsa (1963). Ô mon jardin d’eau fraîche et d’ombreMa danse d’être mon cœur sombreMon ciel des étoiles sans nombreMa barque au loin douce à ramer Heureux celui qui meurt d’aimer Qu’à d’autres soit finir amerComme l’oiseau se fait chimèreEt s’en va le fleuve à la merOu le temps seLire la suite « Aragon – Le vrai zadjal d’en mourir »
Apollinaire – Si je mourais là-bas
Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)Poèmes à Lou Giorgio de Chirico« Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire » (1914) Si je mourais là-bas sur le front de l’arméeTu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aiméeEt puis mon souvenir s’éteindrait comme meurtUn obus éclatant sur le front de l’arméeUn bel obus semblable aux mimosas en fleur Et puis ce souvenirLire la suite « Apollinaire – Si je mourais là-bas »
Agrippa d’Aubigné – Ce ne sont pas les Grands
Théodore Agrippa d’Aubigné (1552 – 1630)Les Tragiques Ce ne sont pas les Grands, mais les simples paisans,Que la terre conoit pour enfans complaisans.La terre n’aime pas le sang ni les ordures :Il ne sort des tyrans et de leurs mains impures Qu’ordures ni que sang : les aimez laboureursOuvragent son beau sein de si belles couleurs,FontLire la suite « Agrippa d’Aubigné – Ce ne sont pas les Grands »
Robin – Amour
Armand Robin (1912 – 1961) O fastueuse pauvreté ! Délicieux Recevoir dans le Donner !En craintive témérité ! En non-captivité captivité !En taciturnité grand ParlerEn plein jour intimidé,Ne triomphant qu’avec craintive anxiété ! Mort fringante de vie ! En l’Un délicieuse vie !Vie banquetante en pénurie ! En rébellion abandon de vie !Bien qu’assouvie, allanguie vie !De songes jamais rassasiée songeuse vie !Vie en songe deLire la suite « Robin – Amour »
Von Günderrode – Liebe
Karoline von Günderrode (1780 – 1806) O reiche Armuth ! Gebend, seliges Empfangen !In Zagheit Muth ! in Freiheit doch gefangen.In Stummheit Sprache,Schüchtern bei TageSiegend mit zaghaftem Bangen. Lebendiger Tod, im Einen sel’ges LebenSchwelgend in Noth, im Widerstand ergeben,Genießend schmachtend,Nie satt betrachtenLeben im Traum und doppelt Leben. O opulente pauvreté ! Donnant, et bienheureux, recevoir !Avec un timide courage ! EnLire la suite « Von Günderrode – Liebe »
Voiture – Ordonnance pour un festin
Vincent Voiture (1597 – 1648) Pour nous soûler ([1]) il nous faut des perdreaux,Force pluviers, et force cailleteaux ;Mais à cela je veux faire la nique ([2]),Si nous n’avons la bisque magnifiqueA double front et triples chapiteaux. Que l’entremets paraisse des plus beaux,Suivi de fruits entassés à monceaux ;Car il nous faut une chère AngéliqueLire la suite « Voiture – Ordonnance pour un festin »
Verhaeren – La cuisson du pain
Emile Verhaeren (1855-1916)Les Flamandes (1883) Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,La sueur les mouillant et coulant au pétrin. Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,Leur gorge remuait dans les corsages pleins.Leurs deux poings monstrueuxLire la suite « Verhaeren – La cuisson du pain »
Vannier – Emportez-moi
Angèle Vannier (1917 – 1980)Les songes de la lumière et de la brume (1947) Mon visage écartait le poison des ombellesLa griffe des ajoncs au rébus des venellesCette nuit m’attendait depuis l’âge des fards.Ah ! retrouver le lit des moraines sauvagesPour déchiffrer la glèbe et sa prime verdeurMes cheveux sont casqués de lunaires ombragesEt filent sousLire la suite « Vannier – Emportez-moi »