Ponge – Le pain

Francis Ponge (1899 – 1977)Le parti pris des choses (1942) La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer futLire la suite « Ponge – Le pain »

Perros – Je suis mignonne

Georges Perros (1923 – 1978) Je suis mignonne j’ai des seinsque je regarde tous les soirsils sont petits ils sont malinsils sont les bols de mes espoirsQui les touchera le premierqui les baisera fêteraqui les caressera allezil en aura il en aurade ce lait de tendresse humainedont on parlait dans l’ancien tempsJe me les gardeLire la suite « Perros – Je suis mignonne »

Pannard – Quand vous arriverez

Charles-François Pannard (1689 – 1765) Quand vous arriverez dans la demeure sombre,Où la Parque mettra tous vos lauriers à l’ombre,Livrés à des remords cruels,Héros, vous vous direz : « Insensés que nous sommes !Fallait-il pour être immortels,Faire mourir cinq cent mille hommes ? » Employé de bureau, auteur dramatique, chansonnier, Charles-François Pannard (1689–1765) est également poète. Il a laissé uneLire la suite « Pannard – Quand vous arriverez »

Norge – Fers aciers

Géo Norge (1898 – 1990)Les râpes (1949) S’aimèrent dur sous la lune– Fers, aciers, métaux –Pas de roses, pas de prunesEn ce pays sans défaut. S’aimèrent dur, belle houilleAvec tes grains dans la peau.Pas de lis, pas de citrouille :Fers, aciers, métaux. C’était riche et c’était beau,Cette lune sur l’usine,Le gamin et la gamine,Les seinsLire la suite « Norge – Fers aciers »

Ils ont inventé l’âme

Anna de Noailles (1876 – 1933)L’honneur de souffrir (1927) Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisseLe corps, unique lieu de rêve et de raison,Asile du désir, de l’image et des sons,Et par qui tout est mort dès le moment qu’il cesse.Ils nous imposent l’âme, afin que lâchementOn détourne les yeux du sol, et qu’onLire la suite « Ils ont inventé l’âme »

Nerval – Fantaisie

Gérard de Nerval (1808 – 1855)Odelettes (1853) Il est un air pour qui je donneraisTout Rossini, tout Mozart et tout Weber,Un air très vieux, languissant et funèbre,Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or, chaque fois que je viens à l’entendre,De deux cents ans mon âme rajeunit :C’est sous Louis treize ; et jeLire la suite « Nerval – Fantaisie »

Mérat – Le lavoir

Albert Mérat (1840-1909)Les souvenirs (1872) Une source descend de la roche brunie :Les filles de Plomar viennent laver au bas.Aux coups vifs des battoirs se mêle le fracasQue fait le flot, et c’est une forte harmonie. Comme devant l’autel sur la dalle bénie,A genoux sur le roc, les pieds nus et nu-bras,Les filles aux yeuxLire la suite « Mérat – Le lavoir »

Mallarmé – Soupir

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur,Un automne jonché de taches de rousseur,Et vers le ciel errant de ton œil angéliqueMonte, comme dans un jardin mélancolique,Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur !– Vers l’Azur attendri d’Octobre pâle et purQui mire aux grands bassins sa langueurLire la suite « Mallarmé – Soupir »