Rimbaud – Le mal

Arthur Rimbaud (1854 – 1891)Ecrit en 1870 Tandis que les crachats rouges de la mitrailleSifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,Croulent les bataillons en masse dans le feu ; Tandis qu’une folie épouvantable broieEt fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;– PauvresLire la suite « Rimbaud – Le mal »

Rimbaud – Le coeur supplicié

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) Mon triste cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal :Ils y lancent des jets de soupe,Mon triste cœur bave à la poupe :Sous les quolibets de la troupeQui lance un rire général,Mon triste cœur bave à la poupe,Mon cœur est plein de caporal ! Ithyphalliques et pioupiesques,Leurs insultes l’ontLire la suite « Rimbaud – Le coeur supplicié »

Rimbaud – Le dormeur du val

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) C’est un trou de verdure où chante une rivière,Accrochant follement aux herbes des haillonsD’argent ; où le soleil, de la montagne fière,Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,Dort ; il est étenduLire la suite « Rimbaud – Le dormeur du val »

Rimbaud – Voyelles

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes :A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;I, pourpres, sangLire la suite « Rimbaud – Voyelles »

Rimbaud – Les effarés

Arthur Rimbaud (1854 – 1891)(Version Verlaine / Aicard, 1871) Noirs dans la neige et dans la brume,Au grand soupirail qui s’allume,Leurs culs en rond, A genoux, cinq petits, – misère ! –Regardent le boulanger faireLe lourd pain blond. Ils voient le fort bras blanc qui tourneLa pâte grise et qui l’enfourneDans un trou clair IlsLire la suite « Rimbaud – Les effarés »