Eluard – Couvre-feu

Paul Eluard (1895 – 1952)Poésie et vérité (1942) Que voulez-vous la porte était gardéeQue voulez-vous nous étions enfermésQue voulez-vous la rue était barréeQue voulez-vous la ville était matéeQue voulez-vous elle était affaméeQue voulez-vous nous étions désarmésQue voulez-vous la nuit était tombéeQue voulez-vous nous nous sommes aimés. Jean-Pierre Siméon (poète, romancier, essayiste, grande voix actuelle deLire la suite « Eluard – Couvre-feu »

Il s’est posé sur mon regard

Fouad El Etr (1942 – …)Comme une pieuvre que son encre efface (1977) Il s’est posé sur mon regardComme un œil sur sa tigeIl plie ses ailes les déplieIl se débat dans mes paupièresEt mes paupières se multiplientAvec ses ailesIl frotte ses pattes contre mes cilsSoudain mes yeux s’envolent Fouad El Letr est un FrançaisLire la suite « Il s’est posé sur mon regard »

Duval – Balafenn ha gwenanenn

Anjela Duval (1905 – 1981)Kan an Douar (1973) — Ma vez hinonEme ar valafenn hedroMa vez hinonEmberr me ’z ay da vale bro.— Ha me, eme ar wenanennD’ar valafenn skañvbennMe ’gaso va labour en-droMa vez hinon. D’an 13 a viz Mezheven 1967 S’il fait beauDit le papillonS’il fait beauTout à l’heure j’irai me promener.Et moiLire la suite « Duval – Balafenn ha gwenanenn »

Du Guillet – Non que je veuille

Pernette du Guillet (1520 – 1545) Non que je veuille oster la libertéA qui est né pour estre sur moi maistre ;Non que je veuille abuser de fiertéQui à luy humble et à tous devrois estre ;Non que je veuille à dextre et à senestreLe gouverner et faire à mon plaisir :Mais je vouldrois pourLire la suite « Du Guillet – Non que je veuille »

Dickinson – He parts himself

Emily Dickinson (1830 – 1886)Car l’adieu c’est la nuit (Gallimard) He parts Himself — like Leaves —And then — He closes up —Then stands opon the BonnetOf Any Buttercup — And then He runs againstAnd oversets a Rose —And then does Nothing —Then away opon a Jib — He goes — And dangles like aLire la suite « Dickinson – He parts himself »

Deschamps – Virelay DLIV (554)

Eustache Deschamps (1340 – 1405) Sui je, sui je, sui je belle ?Il me semble, a mon avis,Que j’ay beau front et doulz vizEt la bouche vermeillette. Dittes moy se je suis belle !J’ay vers yeulx, petis sourcis,Le chief blont, le nez traitis,Ront menton, blanche gorgette. Sui je, sui je, sui je belle ?Il meLire la suite « Deschamps – Virelay DLIV (554) »

Delarue-Mardrus – Complexe chair offerte

Lucie Delarue-Mardrus (1874 – 1945)Ferveur (1902) Et tout dit à la femme : « Allez à la douleur »M. D.-V. Complexe chair offerte à la virilité,Femme, amphore profonde et douce où dort la joie,Toi que l’amour renverse et meurtrit, blanche proieŒuf douloureux où git notre pérennité, Femme qui perds la vie au soir où ta jeunesseTrépasse,Lire la suite « Delarue-Mardrus – Complexe chair offerte »

Couté – La complainte des Terr’ Neuvas

Air : Les marins de Groix Gaston Couté (1880 – 1911) I faut qu’ tout l’monde mange ici-bas : (bis)C’est-y pas vrai, les Terr’ Neuvas ?Ma traderi tra la lère !Ma traderi tra la la Nous autr’s si on part su’ l’ batieau : (bis)C’est pour qu’i’s mangent tous nos petiotsMa traderi, etc… Parfois l’un d’ nous tombe dans laLire la suite « Couté – La complainte des Terr’ Neuvas »

Cheng – Suite orphique

François Cheng (1929 – …)Suite orphique (2024) I – Aux vivants et aux morts Quatrain 3 Les morts sont parmi nous, se mêlent à nos heures,Nous intimant d’être à l’écoute… Initiés,A travers l’épreuve abyssale, au grand secret,Ils n’auront de cesse qu’ils ne nous l’aient confié. Quatrain 7 Quand nuitamment nous vient la voix d’un êtreLire la suite « Cheng – Suite orphique »

Desbordes-Valmore – Les roses de Saadi

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)Poésies inédites (1860) J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closesQue les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir. Les nœuds ont éclaté. Les roses envoléesDans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenirLire la suite « Desbordes-Valmore – Les roses de Saadi »