Apollinaire – L’adieu du cavalier

Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Calligrammes (1918)

Ah Dieu ! que la guerre est jolie
Avec ses chants ses longs loisirs
Cette bague je l’ai polie
Le vent se mêle à vos soupirs
Adieu ! voici le boute-selle
Il disparut dans un tournant
Et mourut là-bas tandis qu’elle
Riait au destin surprenant

Secteur des Hurlus, 18 septembre 1915



Ah Dieu ! qu’il en a fait couler de l’encre ce premier vers !

Il est vrai que dans l’œuvre d’Apollinaire, on cherche vainement les textes condamnant la guerre. De ce point de vue aussi, il est une exception parmi les poètes…

Mais il n’a pas non plus dit qu’il l’aimait, la guerre…

Il a voulu la faire et il l’a faite : engagé volontaire en 1914, artilleur, puis fantassin en première ligne, gravement blessé au combat…

Mais qu’en pense-t-il vraiment ?

Le poème comporte deux parties :

  • « Ah Dieu » : la guerre est jolie, et la dame soupire,
  • « Adieu » : la guerre tue, et la dame rit…

Je crois qu’il veut nous dire qu’il ne sait pas, je crois que c’est plein d’ironie.

Et je crois aussi que ce n’est pas son poème le plus important…

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