Beatrix de Die – Grand peine m’est advenue

Beatrix de Die (1140 – 1175) Estat ai en greu cossirierper un cavallier qu’ai agut,e vuoil sia totz temps saubutcum eu l’ai amat a sobrier ;ara vei qu’ieu sui trahidacar ieu non li donei m’amor,don ai estat en gran erroren lieig quand sui vestida. Ben volria mon cavalliertener un ser e mos bratz nutqu’el s’en tengraLire la suite « Beatrix de Die – Grand peine m’est advenue »

Baudelaire – Le tonneau de la haine

Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes ;La Vengeance éperdue aux bras rouges et fortsA beau précipiter dans ses ténèbres videsDe grands seaux pleins du sang et des larmes des morts, Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes,Par où fuiraient mille ans de sueursLire la suite « Baudelaire – Le tonneau de la haine »

Baudelaire – L’homme et la mer

Charles Baudelaire (1821 – 1867)Les fleurs du mal (1857) Homme libre, toujours tu chériras la mer !La mer est ton miroir ; tu contemples ton âmeDans le déroulement infini de sa lame,Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. Tu te plais à plonger au sein de ton image ;Tu l’embrasses des yeux etLire la suite « Baudelaire – L’homme et la mer »

Aragon – Strophes pour se souvenir

Louis Aragon (1897 – 1982)Le roman inachevé (1956). Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmesNi l’orgue ni la prière aux agonisantsOnze ans déjà que cela passe vite onze ansVous vous étiez servis simplement de vos armesLa mort n’éblouit pas les yeux des Partisans Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villesNoirs deLire la suite « Aragon – Strophes pour se souvenir »

Apollinaire – Colchiques

Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Le pré est vénéneux mais joli en automneLes vaches y paissantLentement s’empoisonnentLe colchique couleur de cerne et de lilasY fleurit tes yeux sont comme cette fleur-làViolâtres comme leur cerne et comme cet automneEt ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonneLes enfants de l’école viennent avec fracasVêtus de hoquetons et jouant deLire la suite « Apollinaire – Colchiques »

Apollinaire – 1909

Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) La dame avait une robeEn ottoman violineEt sa tunique brodée d’orEtait composée de deux panneauxS’attachant sur l’épaule Les yeux dansants comme des angesElle riait elle riaitElle avait un visage aux couleurs de FranceLes yeux bleus les dents blanches et les lèvres très rougesElle avait un visage aux couleurs de France ElleLire la suite « Apollinaire – 1909 »

Abu Toha – Cinq poèmes

Mosab Abu Toha (1992 – …)Ce que vous trouverez caché dans mon oreille (2022) (Les photos sont incluses dans le recueil) Découvertes Nous nous portons bien et nous allons mal.La vie continue à Gaza et rien ne le justifie.A Gaza il fait beau, la lune caresse les feuilles des orangers.Les gens de Gaza, eux, vontLire la suite « Abu Toha – Cinq poèmes »

Vivien – Le pilori

Renée Vivien (1877 – 1909)A l’heure des mains jointes (1906) Pendant longtemps, je fus clouée au pilori,Et des femmes, voyant mes souffrances, ont ri. Puis, des hommes ont pris dans leurs mains de la boueQui vint éclabousser mes tempes et ma joue. Des pleurs montaient en moi, houleux comme des flots,Mais mon orgueil m’a faitLire la suite « Vivien – Le pilori »

Richepin – Dans le brouillard

Jean Richepin (1849 – 1926)La mer (1886) Ciel d’encre. Flots de poix. Foutu quart de brume !La mer épaisse colle aux flancs du bateauEn gargouillant ainsi que lorsqu’on fait eau.Dans l’air visqueux et sourd la cloche s’enrhume. Tout grillé que je suis, il fait mucre [1] et froid.Je sens m’entrer partout ce noir qu’il fautLire la suite « Richepin – Dans le brouillard »

Nerval – Vers dorés

Gérard de Nerval (1808 – 1855)Les chimères (1854)                                                                             Eh quoi ! tout est sensible !                                                                            Pythagore. Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ? Des forces que tu tiens ta liberté dispose, Mais de tous tes conseils l’univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissantLire la suite « Nerval – Vers dorés »