Cécile Sauvage (1883-1927)L’âme en bourgeon (1910) Il est né, j’ai perdu mon jeune bien-aimé,Je le tenais si bien dans mon âme enfermé,Il habitait mon sein, il buvait mes tendresses,Je le laissais jouer et tirailler mes tresses.À qui vais-je parler dans mon cœur à présent ?Il écoutait mes pleurs tomber en s’écrasant,Il était le printemps quiLire la suite « Sauvage – Il est né »
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Apollinaire – Roses guerrières
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Poèmes à Lou Fêtes aux lanternes en acierQu’il est charmant cet éclairageFeu d’artifice meurtrierMais on s’amuse avec courageDeux fusants rose éclatementComme deux seins que l’on dégrafeTendent leurs bouts insolemmentIl sut aimer Quelle épitapheUn poète dans la forêtRegarde avec indifférenceSon revolver au cran d’arrêtDes roses mourir d’espéranceRoses d’un parc abandonnéEt qu’il cueillit à laLire la suite « Apollinaire – Roses guerrières »
Apollinaire – L’adieu du cavalier
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Calligrammes (1918) Ah Dieu ! que la guerre est jolieAvec ses chants ses longs loisirsCette bague je l’ai polieLe vent se mêle à vos soupirsAdieu ! voici le boute-selleIl disparut dans un tournantEt mourut là-bas tandis qu’elleRiait au destin surprenant Secteur des Hurlus, 18 septembre 1915 Ah Dieu ! qu’il en a fait coulerLire la suite « Apollinaire – L’adieu du cavalier »
Apollinaire – Le vent nocturne
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Oh ! les cimes des pins grincent en se heurtantEt l’on entend aussi se lamenter l’autanEt du fleuve prochain à grand’voix triomphalesLes elfes rire au vent ou corner aux rafalesAttys Attys Attys charmant et débrailléC’est ton nom qu’en la nuit les elfes ont railléParce qu’un de tes pins s’abat au ventLire la suite « Apollinaire – Le vent nocturne »
Apollinaire – Saltimbanques
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Dans la plaine les baladinsS’éloignent au long des jardinsDevant l’huis des auberges grisesPar les villages sans églises Et les enfants s’en vont devantLes autres suivent en rêvantChaque arbre fruitier se résigneQuand de très loin ils lui font signe Ils ont des poids ronds ou carrésDes tambours, des cerceaux dorésL’ours et leLire la suite « Apollinaire – Saltimbanques »
Apollinaire – Sous le pont Mirabeau
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu’il m’en souvienneLa joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels regards l’onde si lasse Vienne laLire la suite « Apollinaire – Sous le pont Mirabeau »
Cendrars – Tu es plus belle que le ciel et la mer
Blaise Cendrars (1887 – 1961)Feuilles de route (1924) Quand tu aimes il faut partirQuitte ta femme quitte ton enfantQuitte ton ami quitte ton amieQuitte ton amante quitte ton amantQuand tu aimes il faut partir Le monde est plein de nègres et de négressesDes femmes des hommes des hommes des femmesRegarde les beaux magasinsCe fiacre cetLire la suite « Cendrars – Tu es plus belle que le ciel et la mer »
Cendrars – Réveil
Blaise Cendrars (1887 – 1961)Feuilles de route (1924) Je dors toujours les fenêtres ouvertes J’ai dormi comme un homme seul Les sirènes à vapeur et à air comprimé ne m’ont pas trop réveillé Ce matin je me penche par la fenêtre Je voisLe ciel La mer La gare maritime par laquelle j’arrivais de New-York en 1911 La baraque du pilotage EtA gauche DesLire la suite « Cendrars – Réveil »
Nelligan – Ténèbres
Emile Nelligan (1879 – 1941) La tristesse a jeté sur mon cœur ses longs voiles Et les croassements de ses corbeaux latents ;Et je rêve toujours au vaisseau des vingt ans,Depuis qu’il a sombré dans la mer des Etoiles. Oh ! Quand pourrai-je encor comme des crucifixEtreindre entre mes doigts les chères paix anciennes,Dont je n’entendsLire la suite « Nelligan – Ténèbres »
Nelligan – Placet
Emile Nelligan (1879 – 1941) Reine, acquiescez-vous qu’une boucle déferleDes lames des cheveux aux lames du ciseau,Pour que j’y puisse humer un peu de chant d’oiseau,Un peu de soir d’amour né de vos yeux de perle ? Au bosquet de mon cœur, en des trilles de merle,Votre âme a fait chanter sa flûte de roseau.Reine,Lire la suite « Nelligan – Placet »