Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)Poèmes à Lou Giorgio de Chirico« Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire » (1914) Si je mourais là-bas sur le front de l’arméeTu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aiméeEt puis mon souvenir s’éteindrait comme meurtUn obus éclatant sur le front de l’arméeUn bel obus semblable aux mimosas en fleur Et puis ce souvenirLire la suite « Apollinaire – Si je mourais là-bas »
Archives de la catégorie : Apollinaire
Apollinaire – Colchiques
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Le pré est vénéneux mais joli en automneLes vaches y paissantLentement s’empoisonnentLe colchique couleur de cerne et de lilasY fleurit tes yeux sont comme cette fleur-làViolâtres comme leur cerne et comme cet automneEt ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonneLes enfants de l’école viennent avec fracasVêtus de hoquetons et jouant deLire la suite « Apollinaire – Colchiques »
Apollinaire – 1909
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) La dame avait une robeEn ottoman violineEt sa tunique brodée d’orEtait composée de deux panneauxS’attachant sur l’épaule Les yeux dansants comme des angesElle riait elle riaitElle avait un visage aux couleurs de FranceLes yeux bleus les dents blanches et les lèvres très rougesElle avait un visage aux couleurs de France ElleLire la suite « Apollinaire – 1909 »
Apollinaire – Marizibill
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Dans la Haute-Rue à Cologne Elle allait et venait le soir Offerte à tous en tout mignonne Puis buvait lasse des trottoirs Très tard dans les brasseries borgnes Elle se mettait sur la paille Pour un maquereau roux et rose C’était un juif il sentait l’ail Et l’avait venant de Formose Tirée d’un bordel de Changaï Je connais gensLire la suite « Apollinaire – Marizibill »
Apollinaire – Clotilde
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) L’anémone et l’ancolieOnt poussé dans le jardinOù dort la mélancolieEntre l’amour et le dédain Il y vient aussi nos ombresQue la nuit dissiperaLe soleil qui les rend sombresAvec elles disparaîtra Les déités des eaux vivesLaissent couler leurs cheveuxPasse il faut que tu poursuivesCette belle ombre que tu veux Qui est Clotilde ?Lire la suite « Apollinaire – Clotilde »
Apollinaire – Roses guerrières
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Poèmes à Lou Fêtes aux lanternes en acierQu’il est charmant cet éclairageFeu d’artifice meurtrierMais on s’amuse avec courageDeux fusants rose éclatementComme deux seins que l’on dégrafeTendent leurs bouts insolemmentIl sut aimer Quelle épitapheUn poète dans la forêtRegarde avec indifférenceSon revolver au cran d’arrêtDes roses mourir d’espéranceRoses d’un parc abandonnéEt qu’il cueillit à laLire la suite « Apollinaire – Roses guerrières »
Apollinaire – L’adieu du cavalier
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Calligrammes (1918) Ah Dieu ! que la guerre est jolieAvec ses chants ses longs loisirsCette bague je l’ai polieLe vent se mêle à vos soupirsAdieu ! voici le boute-selleIl disparut dans un tournantEt mourut là-bas tandis qu’elleRiait au destin surprenant Secteur des Hurlus, 18 septembre 1915 Ah Dieu ! qu’il en a fait coulerLire la suite « Apollinaire – L’adieu du cavalier »
Apollinaire – Le vent nocturne
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Oh ! les cimes des pins grincent en se heurtantEt l’on entend aussi se lamenter l’autanEt du fleuve prochain à grand’voix triomphalesLes elfes rire au vent ou corner aux rafalesAttys Attys Attys charmant et débrailléC’est ton nom qu’en la nuit les elfes ont railléParce qu’un de tes pins s’abat au ventLire la suite « Apollinaire – Le vent nocturne »
Apollinaire – Saltimbanques
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Dans la plaine les baladinsS’éloignent au long des jardinsDevant l’huis des auberges grisesPar les villages sans églises Et les enfants s’en vont devantLes autres suivent en rêvantChaque arbre fruitier se résigneQuand de très loin ils lui font signe Ils ont des poids ronds ou carrésDes tambours, des cerceaux dorésL’ours et leLire la suite « Apollinaire – Saltimbanques »
Apollinaire – Sous le pont Mirabeau
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu’il m’en souvienneLa joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels regards l’onde si lasse Vienne laLire la suite « Apollinaire – Sous le pont Mirabeau »