Corbière – Le crapaud

Tristan Corbière (1845 – 1875)Les Amours jaunes (1873) Un chant dans une nuit sans air…– La lune plaque en métal clairLes découpures du vert sombre. … Un chant ; comme un écho, tout vifEnterré, là, sous le massif…– Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre… – Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,PrèsLire la suite « Corbière – Le crapaud »

Chérrier – Description chimérique

Abbé Claude Chérrier (1655 – 1738) Description chimérique d’un être de raison fabriqué de pièces rapportées, habillé d’une étoffe à double sens, lequel fut construit par une assemblée d’équivoques, assistées du génie burlesque (1713) Il a un corps de garde,Des membres de période,Une tête d’Armée,Une face de théâtre,Des traits d’arbalète,Le front d’un bataillon,Des yeux deLire la suite « Chérrier – Description chimérique »

Prigent – Mireille Bouche d’Or – Vert Paradis

Christian Prigent (1945 – …) Mireille Bouche d’Or Les Amours Chino (2016) (1944-1957, aux petites mortes) Mireille Bouche-d’Or non : sa tête(Hache) est tombée en forêt de LorgeAvant loin des ancêtres en logesDe sabotiers à Camors vous êtes En sang les paupières découpéesSoleil pitié il zèbre la pluieDe feuilles de messidor iciCe fut Yvette boucheLire la suite « Prigent – Mireille Bouche d’Or – Vert Paradis »

Prigent – Danse de la peste

Christian Prigent (1945 – …)Notes sur le déséquilibre (1986) J’entends comme un bruit de crécelles.(Corbiére) On lape on l’aon la paieon la paie pour son rireon a son peton va périr (ris !sens son pet !oublie ce que tu sais !repeins les cabinets !) Si on la paie c’est qu’on les veutsa peau son aveulaLire la suite « Prigent – Danse de la peste »

Césaire – Mot Macumba

Aimé Césaire (1913 – 2008)Moi laminaire (1982) le mot est père des saintsle mot est mère des saintsavec le mot couresse on peut traverser un fleuvepeuplé de caïmansil m’arrive de dessiner un mot sur le solavec un mot frais on peut traverser le désertd’une journéeil y a des mots bâton-de-nage pour écarter les squalesil yLire la suite « Césaire – Mot Macumba »

Celan – Todesfuge

(Fugue de mort) Paul Celan (1920 – 1970) Schwarze Milch der Frühe wir trinken sie abendswir trinken sie mittags und morgens wir trinken sie nachtswir trinken und trinkenwir schaufeln ein Grab in den Lüften da liegt man nicht engEin Mann wohnt im Haus der spielt mit den Schlangen der schreibtder schreibt wenn es dunkelt nachLire la suite « Celan – Todesfuge »

Carême – Je me souviens

Maurice Carême (1899 – 1978)Mère (1935) Je me souviens… Le hameau s’éveillaitDans la fraîche dentelleDe ses pommiers en fleurs. Les tasses sur la nappeRiaient et les moineauxAttendaient sur le seuil. L’aube, dans tes cheveux,Mettait de la lumièreEt tu coupais le painAvec des mains si simples,Avec des mains si bonnes, Que le grand Dieu d’érableDescendait deLire la suite « Carême – Je me souviens »

Carême – Berceuse

Maurice Carême (1899 – 1978)Mère (1935) Tu suspendaisMon berceau aux étoilesEt tu chantaisUne vieille chanson. Et aussitôt, accourant à ta voix,Les fleurs des champs, les fleurs des boisNouaient avec des fils de luneUn rêve à chacun de mes doigts. Et aussitôt, accourant à ta chanson,Les merles, les bouvreuils, les pinsonsFaisaient pleuvoir sur mes paupièresToutes lesLire la suite « Carême – Berceuse »

Catulle – Vivamus, atque amemus

(Soyons vivants, soyons amants) Catulle (84 av. JC – 54 av. JC) Vivamus mea Lesbia, atque amemus,rumoresque senum seueriorumomnes unius aestimemus assis !Soles occidere et redire possunt.Nobis cum semel occidit breuis lux,nox est perpetua una dormienda.Da mi basia mille, deinde centum,dein mille altera, dein secunda centum,deinde usque altera mille, deinde centum.Dein, cum milia multa fecerimus,conturbabimus illa,Lire la suite « Catulle – Vivamus, atque amemus »

Carême – Ainsi j’étais au fond de toi

Maurice Carême (1899 – 1978)Mère (1935) Ainsi, j’étais au fond de toiComme un peu d’eau tremblanteDans un vase pur. Ainsi tes yeux voyaient pour moi,Ainsi tes pieds marchaient pour moi,Ainsi ta chair souffrait pour moi, Ainsi tes pauvres mains,Lasses d’avoir lutté pour moi,C’est sur moi que tu les croisais, Ainsi ton cœur battait pour moiEtLire la suite « Carême – Ainsi j’étais au fond de toi »