Antonin Artaud (1896 – 1948)L’Ombilic des Limbes (1927) Une grande ferveur pensante et surpeuplée portait mon moi comme un abîme plein. Un vent charnel et résonnant soufflait, et le soufre même en était dense. Et des radicelles infimes peuplaient ce vent comme un réseau de veines, et leur entrecroisement fulgurait. L’espace était mesurable et crissant,Lire la suite « Artaud – Une grande ferveur »
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Aragon – Ballade de celui qui chanta dans les supplices
Louis Aragon (1897 – 1982)La Diane française (1944). Et s’il était à refaireJe referais ce cheminUne voix monte des fersEt parle des lendemains On dit que dans sa celluleDeux hommes cette nuit-làLui murmuraient CapituleDe cette vie es-tu las Tu peux vivre tu peux vivreTu peux vivre comme nousDis le mot qui te délivreEt tu peuxLire la suite « Aragon – Ballade de celui qui chanta dans les supplices »
Apollinaire – Marizibill
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) Dans la Haute-Rue à Cologne Elle allait et venait le soir Offerte à tous en tout mignonne Puis buvait lasse des trottoirs Très tard dans les brasseries borgnes Elle se mettait sur la paille Pour un maquereau roux et rose C’était un juif il sentait l’ail Et l’avait venant de Formose Tirée d’un bordel de Changaï Je connais gensLire la suite « Apollinaire – Marizibill »
Apollinaire – Clotilde
Guillaume Apollinaire (1880-1918)Alcools (1913) L’anémone et l’ancolieOnt poussé dans le jardinOù dort la mélancolieEntre l’amour et le dédain Il y vient aussi nos ombresQue la nuit dissiperaLe soleil qui les rend sombresAvec elles disparaîtra Les déités des eaux vivesLaissent couler leurs cheveuxPasse il faut que tu poursuivesCette belle ombre que tu veux Qui est Clotilde ?Lire la suite « Apollinaire – Clotilde »
Carême – Le chat et le soleil
Maurice Carême (1899 – 1978) Le chat ouvrit les yeux,Le soleil y entra.Le chat ferma les yeux,Le soleil y resta. Voilà pourquoi, le soirQuand le chat se réveille,J’aperçois dans le noirDeux morceaux de soleil.
Coulon – Une fois par jour
Cécile Coulon (1990 – …)Ronces (2018) Une fois par jour quelqu’un que je ne connais pasme demande mon avis sur des chosesqui ne me regardent pas,— comment faire pour se remettre d’une rupture —— est-ce que je dois avoir honte de ce que je suis —— peut-on tout pardonner —des questions de ce genre, desLire la suite « Coulon – Une fois par jour »
Gallienne – La porte sans bruit
Alicia Gallienne (1970 – 1990)L’autre moitié du songe m’appartient – Le livre noir (1989) L’insomnie des corpsDélivrée dans de sordides paroles sans appelJe me retiens de t’aimer davantageDe filtrer l’espace de mes mains continuesMais déjà tu berces l’insomnie de ton sommeilMais déjà tu arrêtes mes manœuvres en plein volRien de moi n’est plus une attenteAuxLire la suite « Gallienne – La porte sans bruit »
Gallienne – Renouveler le doute
Alicia Gallienne (1970 – 1990)L’autre moitié du songe m’appartient – Le livre noir (1988) Je ne connais que trois formes de courage : elles s’expriment dans l’acceptation de sa différence, dans celle de la douleur et enfin dans celle de la mort. Pour moi, le courage est une des formes de l’intelligence humaine. Je souhaiteLire la suite « Gallienne – Renouveler le doute »
Emery – Tant espérer des nuits
Alain Emery (1965 – …) Tant espérer des nuits, qu’elles atténuent la brutalité du monde, qu’elles en gomment les laids contours, les dépouillent pareillement, jusqu’à ce que tombent, l’un après l’autre, les spectres qui s’y agrippent, jusqu’à ce que leurs blessures et leurs balafres se diluent dans l’obscurité. Tant espérer des nuits, ne serait-ce qu’unLire la suite « Emery – Tant espérer des nuits »
Roubaud – Le lombric
Jacques Roubaud (1932 – 2024) Conseils à un jeune poète de douze ans Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,Le lombric se réveille et bâille sous le sol,Étirant ses anneaux au sein des mottes mollesIl les mâche, digère et fore avec conscience. Il travaille, il laboure en vrai lombric de FranceComme, avant lui, sesLire la suite « Roubaud – Le lombric »