Desnos – La digitale

Robert Desnos (1900-1945)Chantefables La digitale au clair matinDit-il, dis-tu, dis-je ?La digitale au clair matinDresse sur sa tigeDes grappes de fleurs cramoisies,Dit-il, dis-tu, dis-je ?Dis-je bien ; ainsi ?Dis-je ? « Chantefleurs et chantefables » est un recueil où les instituteurs puisent des récitations pour les enfants. « La digitale » n’est pas la plus fréquemment retenue… Regardons deLire la suite « Desnos – La digitale »

Desnos – Le lama

Robert Desnos (1900-1945)Chantefables Lama, fils de lamaEt père de lama,Cousin de l’alpaca,Frère de la vigogne,Frère du guanacoA pour toute besogneD’écouter les échosEt fuir le loup-garouQui vit sous son climat :Il habite au PérouCapitale Lima. Robert Desnos est un héros de la Résistance. Il n’a jamais porté les armes, mais bien introduit grâce à son métierLire la suite « Desnos – Le lama »

Desnos – Le crapaud

Robert Desnos (1900-1945)Chantefables Sur les bords de la MarneUn crapaud il y aQui pleure à chaudes larmesSous un acacia. — Dis-moi pourquoi tu pleuresMon joli crapaud ?— C’est que j’ai le malheurDe n’être pas beau. Sur les bords de la SeineUn crapaud il y aQui chante à perdre haleineDans son charabia. — Dis-moi pourquoi tuLire la suite « Desnos – Le crapaud »

Desnos – L’alligator

Robert Desnos (1900-1945)Chantefables Sur les bords du MississipiUn alligator se tapit.Il vit passer un négrillonEt lui dit : « Bonjour, mon garçon. »Mais le nègre lui dit : « Bonsoir,La nuit tombe, il va faire noir,Je suis petit et j’aurais tortDe parler à l’alligator. »Sur les bords du MississipiL’alligator a du dépit,Car il voulait auLire la suite « Desnos – L’alligator »

Saint-John Perse – Portes ouvertes sur les sables

Saint-John Perse (1887 – 1975)Exil I (1942) Portes ouvertes sur les sables, portes ouvertes sur l’exil,Les clés aux gens du phare, et l’astre roué vif sur la pierre du seuil :Mon hôte, laissez-moi votre maison de verre dans les sables…L’Eté de gypse aiguise ses fers de lance dans mes plaies,J’élis un lieu flagrant et nulLire la suite « Saint-John Perse – Portes ouvertes sur les sables »

Norge – Jean l’advenu

Géo Norge (1898 – 1990) Puis il revint comme il était parti :Bon pied, bon œil, personne d’averti.Aux dents, toujours la vive marguerite,Aux yeux, toujours la flamme qui crépite. Mit sur ta lèvre, Aline, un long baiser,Mit sur la table un peu d’or étranger,Chanta, chanta deux chansons de marine,S’alla dormir dans la chambre enfantine. RêvaLire la suite « Norge – Jean l’advenu »

Ganzo – Vals que l’été gorge de sève

Robert Ganzo (1898 – 1995)Lespugue (1940) Vals que l’été gorge de sève,je vois tes seins s’épanouiret parfois ton ventre frémircomme un sol chaud qui se soulève.Tu m’apaises si je m’étonnede ces pouvoirs que tu détiens ;et je sais, femme, qu’ils sont tiensles miracles roux de l’automne. Ta voix chante les longs passagesde nos frères multipliésauxLire la suite « Ganzo – Vals que l’été gorge de sève »

Carême – La cuisine

Maurice Carême (1899 – 1978)Mère (1935) La cuisine est si calmeEn ce matin d’avrilQu’un reste de grésilRend plus dominical. Le printemps, accoudéAux vitres, rit de voirSon reflet dans l’armoireSoigneusement cirée. Les chaises se sont tues.La table se rendortSous le poids des laituesEncor lourdes d’aurore Et à peine entend-on,Horloge familière,L’humble cœur de ma mèreQui bat dansLire la suite « Carême – La cuisine »

Carême – Tu suspendais mon berceau

Maurice Carême (1899 – 1978)Mère (1935) Tu suspendaisMon berceau aux étoilesEt tu chantaisUne vieille chanson. Et aussitôt, accourant à ta voix,Les fleurs des champs, les fleurs des boisNouaient avec des fils de luneUn rêve à chacun de mes doigts. Et aussitôt, accourant à ta chanson,Les merles, les bouvreuils, les pinsonsFaisaient pleuvoir sur mes paupièresToutes lesLire la suite « Carême – Tu suspendais mon berceau »

Carco – Je me souviens

Francis Carco (1886 – 1958)Mortefontaine (1946) Je me souviens de la bohème,De mes amours de ce temps-là !Ô mes amours, j’ai trop de peineQuand refleurissent les lilas…Qu’est-ce que c’est que cette antienne ?Qu’est-ce que c’est que cet air-là ?Ô mes amours, j’ai trop de peine…Le temps n’est plus de la bohème.Au diable soient tous les lilas !Il pleut dansLire la suite « Carco – Je me souviens »